Une délégation de trois régions manufacturières du Québec font entendre leur voix à Ottawa

Boris Chassagne | 24 mars 2026 | 11:36
(Photo: illustration par Depositphotos)

Une délégation de la Chaudière-Appalaches et d’autres régions du Québec était à Ottawa ce matin pour faire entendre la voix du secteur manufacturier et défendre les travailleurs du PTET. Des représentants du Saguenay–Lac-Saint-Jean et du Centre-du-Québec se sont joints à eux pour interpeller directement les élus fédéraux et leur faire comprendre les impacts dévastateurs qu’ont les restrictions du Programme fédéral des travailleurs étrangers temporaires (PTET).

Les représentants des différents secteurs et régions estiment que les assouplissements annoncés le 13 mars dernier, proposés par le gouvernement fédéral n’auront que peu d’impact sur le recrutement et la rétention de la main-d’œuvre. Les régions représentées affichent des taux de chômage parmi les plus bas du Québec. Une situation qui provoquerait, martèle la délégation, « une rareté de main-d’œuvre persistante et structurelle, amplifiée par le vieillissement de la population et un bassin de travailleurs qualifiés insuffisant pour répondre aux besoins des employeurs. »

Il est selon eux, important que le gouvernement fédéral prolonge les permis de travail pour le secteur régional manufacturier d’au moins 24 mois, et ce, non seulement pour les travailleurs qualifiés au PSTQ. Les délégations régionales ajoutent qu’il est « crucial d’en finir avec l’approche mur à mur qui n’est pas adaptée au territoire et exclut les régions métropolitaines de recensement (RMR) de plus de 100 000 habitants. »

Luc Boivin, maire de Saguenay et porte-parole du Comité de l’Immigration économique, insiste : « les restrictions imposées ont des conséquences immédiates et catastrophiques : pertes de contrats, réduction des heures d’exploitation, fermetures temporaires d’établissements et, dans certains cas, des menaces directes sur la survie même des entreprises. Ce sont des coups durs pour nos familles et notre écosystème d’affaires. »

Une délégation unie pour se faire entendre

Réunissant trois régions aux défis similaires, la délégation a sollicité des rencontres avec des élus et des fonctionnaires fédéraux afin de leur présenter des données concrètes, de livrer des témoignages d’entreprises et de travailleurs étrangers, ainsi que de proposer des avenues de solutions adaptées aux réalités régionales. « Nous ne venons pas à Ottawa pour nous plaindre. Nous venons avec des données, des témoignages et des solutions. Nos entreprises ont besoin d’être entendues, et cette initiative aujourd’hui démontre l’urgence de la situation, mais aussi la solidarité du Québec entrepreneurial et des élus dans la représentation des réalités du terrain. Nous maintenons la pression, car trop peu a été fait jusqu’à maintenant », souligne Daniel Turcotte, président de la Table régionale des élus municipaux de la Chaudière-Appalaches (TREMCA).

Julie Biron, directrice Attraction et développement de la main-d’œuvre chez Drummond économique, renchérit : « l’immigration économique est pour nos entreprises manufacturières, un levier de croissance indispensable. Au Centre-du-Québec comme par les régions représentées dans notre délégation, nous créons de la richesse grâce à la contribution inestimable des femmes et des hommes qui se joignent à nos équipes. Notre présence aujourd’hui démontre de façon claire que nos fleurons québécois s’appuient aussi sur la contribution des travailleurs et travailleuses de l’immigration économique. »