Grève, manif et autres, le «Communautaire à boutte» à compter d’aujourd’hui

La Presse Canadienne | 23 mars 2026 | 05:00
Deux femmes âgées sont assises sur un banc de parc. Photo prise le 24 aril 2024 à Gelsenkirchen, en Allemagne. (AP Photo/Martin Meissner

À compter de lundi, des groupes communautaires de tout le Québec se feront voir et entendre, parfois par des journées de grève, parfois par des activités populaires ou des manifestations, dans le cadre du mouvement «Le Communautaire à boutte».

Cette vague de mobilisation culminera par un rassemblement devant l’Assemblée nationale, à Québec, le 2 avril.

Différentes activités sont ainsi organisées à compter du 23 mars, variant selon la région et l’organisme. 

Il peut s’agir d’un rassemblement devant un bureau de député, d’une distribution de tracts, d’un convoi de voitures, d’un envoi généralisé de curriculum vitae à un CIUSSS ou d’une soupe populaire devant un hôtel de ville.

Le mouvement communautaire veut ainsi «crier à l’aide» en matière de financement et faire comprendre l’importance des services qu’il dispense, a expliqué en entrevue, vendredi, Mathieu Gélinas, co-porte-parole de «Communautaire à boutte».

«C’est sûr qu’il y aura un impact. C’est malheureux d’en être rendu là, mais il y aura évidemment des impacts, justement pour démontrer l’importance du milieu communautaire, qui, pour plusieurs, est quand même méconnu. On ne comprend pas nécessairement le rôle essentiel du milieu», a affirmé M. Gélinas.

Il assure qu’à l’occasion de ces manifestations et événements, «ceux qui viennent dans la rue, c’est pas juste les employés, c’est les usagers et les bénévoles, parce qu’ils sont aux premières loges, de savoir que, si on n’a pas de financement, c’est les premiers touchés», a-t-il ajouté.

Certains auront recours à l’humour pour faire passer leur message. À Sherbrooke, on prévoit une «préparation de biscuits baboune» et un «karaoké fâché»; d’autres prévoient une «action Poisson d’avril» et, dans la région de Laval, une «marche funèbre».

Certains organismes vont aller jusqu’à fermer temporairement leur service ou à le modifier. Des piquets de grève pourront donc être dressés.

«Je prends l’exemple de mon organisation: pendant deux semaines, nous, on n’offre plus d’accompagnement en transport médical ni notre service de popotte. Nous, on a fermé. Et les gens sont redirigés vers les services publics ou doivent s’arranger», a illustré M. Gélinas.

Les groupes qui participent au mouvement «Communautaire à boutte» sont de tous les horizons: proche aidance, défense des droits collectifs, itinérance, pauvreté, famille, jeunesse et autres.

Ces groupes veulent un financement rehaussé et plus de prévisibilité dans ce financement. Ils disent avoir peine à retenir leurs employés, vu les salaires versés, qui sont moindres que dans le secteur public.

Ils réclament également que leur autonomie et leur expertise soient respectées.