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Incendie mortel du Vieux-Montréal en 2023: le propriétaire Émile Benamor a été arrêté
L'inspecteur-chef David Shane, du SPVM, s'adresse aux médias lors d'une conférence de presse confirmant l'arrestation d'Émile Benamor, propriétaire d'un immeuble patrimonial dont l'incendie, en 2023, avait fait sept victimes, le mercredi 18 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov Trois ans presque jour pour jour après le tragique incendie qui avait fait sept morts, dont la Beauceronne Camille Maheux, et neuf blessés dans un immeuble patrimonial du Vieux-Montréal, le propriétaire de l’immeuble, Émile Benamor, a été arrêté, et sera accusé de sept homicides involontaires.
Il fera aussi face à huit chefs de négligence ayant causé des lésions en lien avec huit des neuf personnes qui avaient été blessées lors du sinistre du 16 mars 2023.
Des accusations d’homicide sont très rares dans ce genre de situation, mais l’inspecteur-chef David Shane a expliqué en conférence de presse au quartier général du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), mercredi matin, que la preuve permettait d’aller jusque-là. «La conclusion à laquelle les enquêteurs et le DPCP en sont venus, c’était qu’il y avait négligence criminelle et qu’on pouvait porter les accusations d’homicide involontaire. Donc, on comprend que c’est à un niveau tel où la personne est accusée présentement d’homicide involontaire et non pas de négligence criminelle entraînant la mort», a-t-il expliqué.
M. Benamor, qui est âgé de 63 ans, a été arrêté mercredi matin par le SPVM et devait comparaître devant la justice de façon virtuelle plus tard au courant de la journée.
L’arrestation d’Émile Benamorre présente une percée significativedans l’enquête. Trois ans après l’incendie mortel, les familles des victimes commençaient à déplorer l’absence de débouchés dans le processus judiciaire. «Les familles des victimes décédées, les victimes blessées et les personnes sorties indemnes ont été informées de ce développement majeur par nos enquêteurs immédiatement après l’arrestation ce matin», a dit M.Shane.
Seulement la moitié du casse-tête
L’inspecteur Shane a toutefois précisé que, même si on avait déterminé qu’il s’agissait d’un incendie criminel, Émile Benamor n’était pas du tout accusé d’avoir lui-même été à l’origine du brasier: «Le mot homicide peut nous amener à conclure que la personne a mis le feu intentionnellement, mais c’est pas du tout ça. On parle d’homicide involontaire, et c’ est vraiment lié à la gestion de l’immeuble, à l’état des lieux qui a eu un impact sur la propagation et sur les décès et les blessures et non pas d’avoir mis le feu ou d’avoir commandé le déclenchement de cet incendie. Ce sont deux choses et d’ailleurs ce sont deux enquêtes complètement séparées.»
L’enquête visant à épingler l’auteur de l’incendie criminel, elle, suit son cours, a précisé le porte-parole policier: «Nous sommes déterminés à faire toute la lumière sur cette tragédie. Le dossier qui porte sur le déclenchement intentionnel de cet incendie criminel demeurera ouvert, tant et aussi longtemps qu’il ne sera pas solutionné.»
Dès le mois d’août 2023,la police avait indiqué avoir trouvé des traces d’un accélérant sur les lieux, ce qui, selon elle, pourrait expliquer la propagation si rapide des flammes.
L’édifice William-Watson-Ogilvie, un immeuble patrimonial, abritait à l’origine les bureaux d’une minoterie. Il a été progressivement converti en immeuble résidentiel entre la fin des années 1960 et les années 1980.
Sur les vingt-deux personnes présentes dans l’immeuble au moment du déclenchement de l’incendie, sept ont perdu la vie, neuf autres ont été blessées et six s’en sont sorties indemnes.
Six des sept victimes séjournaient dans des locations de courte durée illégales.