Saint-Damien-de-Buckland | Une dizaine de travailleurs guatémaltèques devront quitter le pays

Benjamin Aubert | 4 mars 2026 | 05:00
Photo: Gracieuseté Union des employés et employées de service, section locale 800

Dix travailleurs guatémaltèques employés depuis 2019 à l’usine d’IPL, à Saint-Damien-de-Buckland, ont appris la semaine dernière qu’ils devront quitter le pays d’ici trois mois.

Leur syndicat, l’Union des employés et employées de service, section locale 800, affirme que la nouvelle leur a été annoncée «lors d’une rencontre bouleversante entre l’entreprise, le syndicat et les employés concernés».

«La rencontre a été la plus difficile que j’ai eu à vivre dans toute ma carrière. Parce qu’aujourd’hui, on ne parle pas de travailleurs de passage. On parle de gens enracinés qu’on arrache à leur communauté», a mentionné par voie de communiqué leur représentant syndical, Frédéric Morin, en soulignant que les travailleurs concernés comptent parmi les plus anciens de leur unité, parlent français et travaillent six jours sur sept. Trois d’entre eux ont aussi des enfants nés au Québec.

«L’employeur reconnaît que la perte de dix opérateurs qualifiés représente un choc opérationnel majeur et affirme n’avoir jamais souhaité leur départ. Ces employés sont considérés comme des piliers de l’usine, reconnus pour leur rigueur, leur fiabilité et leur engagement», ajoute l’organisation syndicale en soutenant que cet exemple «démontre clairement les effets directs des nouvelles règles imposées par le ministre Roberge sur le renouvellement des permis de travail».

Le maire dénonce «une perte humaine et sociale»

De son côté, le maire de la municipalité de Saint-Damien-de-Buckland, Sébastien Bourget, a réagi à la nouvelle de leur départ en dénonçant «une perte humaine et sociale» pour la localité.

«Malgré de nombreuses représentations des milieux économiques et politiques de la région de Bellechasse et de Chaudière-Appalaches au cours des derniers mois, il est clair que le gouvernement fédéral fait fi des besoins de la région. Ces politiques nuisent non seulement aux travailleurs et travailleuses concerné-es, mais aussi à l’ensemble de notre communauté, qui perdra des membres engagés et essentiels à son dynamisme», a-t-il mentionné dans une lettre ouverte publiée par la municipalité.

M. Bourget demande aux citoyens d’interpeller les élus provinciaux et fédéraux pour «forcer le gouvernement fédéral à revoir ses orientations afin de favoriser une approche plus humaine, stable et cohérente qui reconnaît la contribution réelle de ces travailleurs».

Le maire craint également d’autres vagues de départs.