Donald Trump affirme que les Américains n’ont pas besoin des produits canadiens

La Presse Canadienne | 14 janvier 2026 | 04:58
President Donald Trump speaks as Bill Ford, executive chairman of Ford, left, and Jim Farley, CEO of Ford, listen during a tour of the Ford River Rogue complex on Tuesday, Jan. 13, 2026, in Dearborn, Mich. (AP Photo/Evan Vucci)

Le président américain Donald Trump affirme que l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique n’a «aucune importance» pour lui et que les Américains n’ont pas besoin des produits canadiens.

«Il expire très bientôt et nous pourrions le garder ou non», a déclaré M. Trump lors d’une visite d’une usine Ford dans le Michigan, mardi. «Cela m’importe peu. Je pense qu’ils le veulent. Je m’en fiche complètement.»

Les déclarations de Donald Trump ont inquiété le Canada et le Mexique à l’approche d’un examen obligatoire cette année de l’avenir du pacte commercial continental, connu sous le nom de l’ACEUM. 

Le président a affirmé aux journalistes que «le Canada voulait (l’accord)», mais que les États-Unis n’ont besoin de rien de la part de leur voisin du nord.

Les trois pays ont entamé des consultations nationales pour réviser l’entente et Dominic LeBlanc, le ministre chargé des relations entre le Canada et les États-Unis, doit rencontrer ses homologues américains à la mi-janvier pour lancer les négociations officielles sur l’ACEUM.

L’accord commercial a protégé le Canada et le Mexique des pires effets des droits de douane imposés par Donald Trump. Le président a augmenté les droits de douane sur le Canada à 35 % en août dernier, invoquant le trafic de fentanyl mortel, mais ces droits ne s’appliquent pas aux marchandises conformes à l’ACEUM.

Les industries canadiennes sont toujours frappées par les droits de douane sectoriels distincts imposés par l’administration Trump sur des produits tels que l’acier, l’aluminium, les automobiles, le bois d’œuvre, le cuivre et les armoires.

Mardi, le président a réaffirmé son engagement en faveur des droits de douane sur les automobiles, déclarant qu’il souhaitait que les voitures soient construites aux États-Unis et non au Canada.

Detroit est connue comme la «Motor City» (ville du moteur) et a servi de siège social aux trois grands constructeurs automobiles américains: Ford, General Motors et Stellantis. Avant les droits de douane imposés par M. Trump, il existait une longue histoire d’intégration avec l’industrie automobile canadienne.

Interrogé sur les matières premières provenant de pays comme le Canada, M. Trump a répondu: «Nous avons beaucoup de matières premières chez nous.»

L’ACEUM a été négocié pendant le premier mandat du président Trump et a servi de test de résistance pour Ottawa. Les négociations commerciales ont parfois été tendues, mais finalement, l’accord qui a remplacé l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) a été salué comme un succès dans les trois pays.

Depuis son retour à la Maison-Blanche l’année dernière, M. Trump a remis en question à plusieurs reprises la valeur de l’ACEUM et a affirmé que les États-Unis n’avaient besoin de rien du Canada.

Il avait précédemment qualifié l’accord de «transitoire» et laissé entendre qu’il avait peut-être rempli son rôle lors d’une réunion avec le premier ministre Mark Carney à la Maison-Blanche en octobre dernier.

L’examen de l’ACEUM offre essentiellement trois options aux trois pays partenaires, qui devront faire leur choix en juillet. Ils peuvent renouveler l’accord pour 16 années supplémentaires, s’en retirer ou signaler à la fois leur non-renouvellement et leur non-retrait, ce qui déclencherait un examen annuel qui permettrait de poursuivre les négociations.

Les commentaires publics de M. Trump laissent présager un examen plus long, voire un retrait des États-Unis.

Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a évoqué les différends commerciaux de longue date qui feront partie des négociations de l’ACEUM, notamment le système de gestion de l’offre pour les produits laitiers et les subventions présumées accordées au secteur du bois d’œuvre résineux. 

M. Greer a également mentionné d’autres barrières non tarifaires, telles que la loi canadienne sur la diffusion en ligne et la loi sur les nouvelles en ligne, ainsi que les interdictions provinciales de vente d’alcool américain imposées en réponse à la vague de droits de douane imposés par les États-Unis au Canada.

M. Greer a également mentionné que l’administration américaine envisageait de scinder l’accord tripartite en négociant des accords séparés avec le Canada et le Mexique.

– Avec des informations fournies par Catherine Morrison