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La résidence d’un directeur d’école, vandalisée par des élèves
(Photo: deposit) La résidence personnelle d’un directeur d’école de la Chaudière-Appalaches a été vandalisée en pleine nuit, par des élèves de sa propre école. L’incident remonte à plusieurs mois déjà, en fait à cet automne. Mais ses effets résonnent encore. Plusieurs mineurs ont été rencontrés par la Sûreté du Québec en rapport avec cet incident. L’un des jeunes a déjà été arrêté. L’enquête n’est pas terminée.
La nouvelle a semé une onde de choc dans le milieu scolaire. André Bernier, qui est président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE), affirme que c’est une première et espère-t-il, une dernière. « Au Québec, on n’a jamais vécu des choses de la sorte, un geste comme ça. Le premier questionnement qu’on a eu c’est, est-ce qu’on est rendus là dans notre société ? Qu’est-ce qui fait que des jeunes se rendent jusqu’à faire du vandalisme », en pleine nuit dans la maison de leur directeur d’école ? « C’est inquiétant », affirme M. Bernier.
Et inquiet, le directeur d’école l’était, suite au passage des jeunes impliqués dans le méfait. Nous avons choisi à monthetford.com, comme d’autres, de taire son identité. Le Centre de service scolaire des Appalaches qui s’est fait avare de commentaires, nous écrit, « le Centre de services scolaire a accompagné son employé-cadre dans cette situation. En plus de l’étroite collaboration avec les services policiers, des mesures de sécurité lui ont été fournies et du soutien psychologique lui a été offert », écrit la direction.
Comment réagir à un incident comme celui-là ? André Bernier précise qu’il « y a un besoin de formation pour être sûr que ce sont les bonnes interventions qui sont mises en place pour les élèves. Et il y a de l’éducation à faire chez les tout-petits ». Et il observe dès le préscolaire que les enfants ont de la difficulté avec la gestion de leurs émotions, dans leur interaction avec les autres. « C’est flagrant » dit-il. Et la société n’est pas tendre envers le réseau de l’éducation, poursuit M. Bernier. « Il y a un biais négatif face à l’école. Le modèle qui est donné aux enfants n’est souvent pas le bon. Des enseignants venaient régulièrement me voir pour me dire que les parents mettaient en cause leur décision ». Il faut des balises claires. « Il faut travailler le civisme. Il faut aussi aider le personnel non légalement qualifié qui se retrouve dans les écoles et qui n’a pas la formation en gestion de classe, ou pour gérer les cas difficiles. On a comme une belle tempête parfaite actuellement », ajoute M. Bernier.
Comment parler à des jeunes qui commettent des méfaits comme ceux-là ? L’Association québécoise du personnel de direction des écoles « ne s’immisce pas dans ça. On laisse ça aux policiers. Nous, on va s’occuper de la victime », précise M. Bernier.
La violence fait maintenant partie du paysage scolaire. La Fédération autonome de l’enseignement publiait récemment les résultats effarants d’une consultation qui démontre que « 90 % des personnes répondantes ont déclaré être victimes d’actes de violence d’une forme ou d’une autre depuis le début de leur carrière. De façon plus détaillée, 81 % ont rapporté avoir été victimes de violence psychologique ou verbale dans leur milieu de travail, près des deux tiers (63 %) rapportent avoir subi de la violence physique et une personne sur dix (11 %) dit avoir subi des violences à caractère sexuel. On peut déduire de ces données que de nombreuses personnes ont subi plus d’un type de violence », note l’étude. Et la publication de cette consultation n’a rien fait pour améliorer la situation. Même au contraire, rapporte sa vice-présidente, Catherine Renaud.
Le réseau de l’éducation traverse des moments difficiles. Lui qui soit du même coup, composer avec la rareté de personnel et de personnel qualifié tout court. « Juste d’avoir des gens, c’est déjà un défi. Ça ne donne pas le goût aux gens de venir nous donner un coup de main ». Et ce n’est pas parce que les salaires ne sont pas bons. Au haut de l’échelle au niveau primaire, M. Bernier nous parle d’une prestation annuelle de 108 000 $. Et il ne faut pas oublier qu’il « se vit de très belles choses dans le milieu scolaire. Il y a plein d’enfants qui vont bien. Des marques d’affection envers les enseignants, il y en a », de conclure André Bernier.