Duhaime: les Québécois doivent s’aligner sur les Albertains

La Presse Canadienne | 21 octobre 2026 | 05:00
Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, s'adresse aux militants de son parti le soir des élections, à Lévis, le 5 octobre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Karoline Boucher

Les Québécois doivent maintenant s’aligner sur les Albertains pour se donner «un rapport de force» dans la fédération, a plaidé le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, mardi, au lendemain de la tenue d’un référendum à plusieurs questions dans la province de l’Ouest.

Les Albertains ont dit non à la tenue d’un référendum ultérieur sur l’indépendance, mais ont dit oui à l’obtention par leur province de contrôle et de pouvoirs supplémentaires sur l’immigration, et ont également dit oui à des négociations avec d’autres provinces pour obtenir d’autres pouvoirs du fédéral.

Le nouveau gouvernement péquiste n’avait toujours pas fait connaître sa réaction officielle en milieu de journée mardi.    

Mais en conférence de presse dans le foyer de l’Assemblée nationale, M. Duhaime a affirmé que le nouveau premier ministre Paul St-Pierre Plamondon devrait donc renoncer à son engagement de tenir un référendum sur la souveraineté pour plutôt s’allier avec l’Alberta pour obtenir plus de pouvoirs et de gains face au gouvernement fédéral.

Le chef du PCQ a reconnu que c’est aux Québécois seuls de décider de leur avenir, mais pourquoi alors devraient-ils laisser les Albertains les guider? 

«Pour une raison fort simple, c’est pour se donner un rapport de force», a répondu M. Duhaime, en accusant l’ancien premier ministre François Legault d’avoir abandonné ses positions autonomistes, alors que la première ministre albertaine Danielle Smith s’est montrée combative et a arraché des gains pour sa province, selon lui.

«Elle a contesté toutes les lois fédérales qui empiétaient sur son champ de compétences, elle a gagné devant les tribunaux, même devant la Cour suprême. Elle a réussi à avoir son pipeline.»

Le chef du PCQ s’oppose toutefois à une démarche québécoise de référendum à plusieurs questions comme en Alberta, parce que selon lui ces enjeux font déjà l’objet d’un «consensus» ici. 

Pour sa part, le chef de l’opposition officielle libérale, Charles Milliard, a salué le Non des Albertains à un référendum sur l’indépendance, qui va dans le sens de l’engagement résolument fédéraliste du PLQ, et a invité M. St-Pierre Plamondon à en prendre acte. 

Il n’a pas toutefois dit mot sur les autres questions concernant la revendication d’autres pouvoirs pour l’Alberta. 

«Hier, les Albertains ont parlé, a-t-il écrit sur un réseau social. Une très large majorité ne souhaite pas la tenue d’un référendum sur la souveraineté. Les résultats témoignent d’une volonté de s’unir et de travailler à bâtir le Canada plutôt que de le diviser. (…) Au Parti libéral du Québec, nous avons la ferme conviction que la fédération  canadienne constitue la meilleure option pour les Québécoises et les Québécois.»

Enfin, M. Milliard a invité M. St-Pierre Plamondon «à faire preuve de clairvoyance et à développer des relations solides avec ses homologues des autres provinces».

En début d’après-midi mardi, selon le dépouillement qui était encore en cours, les Albertains avaient répondu oui à plus de 51 % à ce que les juges soient choisis par les gouvernements provinciaux.

De même, ils avaient dit oui à 53 % à l’abolition du Sénat et oui à 51 % à protéger les compétences provinciales contre les empiétements du fédéral. 

Cependant, ils disaient non à 51 % à un «opting-out», soit un droit de retrait d’un programme fédéral avec pleine compensation.

En matière d’immigration, les électeurs étaient favorables à plus de 54 % à un contrôle accru sur l’immigration, à une restriction de l’accès des personnes immigrantes à l’aide sociale (58 %) et aux autres programmes financés par la province (56 %), ainsi qu’à l’imposition de frais aux résidents temporaires pour l’utilisation des systèmes de santé et d’éducation (57 %). 

Et finalement, ils disaient oui à 63 % à l’exigence d’une preuve de citoyenneté pour voter lors d’une élection provinciale.