Bilan-Faim | L’aide alimentaire de plus en plus utilisée par les personnes en emploi

Michel Scarpino | 21 octobre 2026 | 05:01
Photo courtoisie

La précarité alimentaire est de plus en plus présente dans la région. Le Bilan-Faim 2026, de Moisson Beauce rapporte que 6400 personnes ont eu recours au service de cet organisme au fil des derniers mois.

On y apprend également que près de 28 000 demandes d’aide alimentaire ont été acheminées à Moisson Beauce, un réseau de 45 organismes en Chaudière-Appalaches, au cours des derniers mois soit une augmentation de 42 % en cinq ans.

34 % des personnes aidées sont des enfants, alors que plus de 8 ménages sur 10 vivent en logement.

L’organisme relève un facteur préoccupant : plus du quart des personnes qui font une demande d’aide alimentaire sont en emploi alors que la moitié des bénéficiaires sont des adultes vivant seuls.

Une réalité préoccupante est mise en lumière, alors que plusieurs personnes multiplient les recours au service d’aide alimentaire pour répondre à leurs besoins, par les paniers d’aide alimentaire réguliers et d’urgence, les cuisines collectives, les frigos-dons et les repas communautaires.

« Le panier d’aide alimentaire demeure une aide essentielle, mais pour plusieurs personnes, il ne suffit plus. Elles doivent se tourner vers d’autres services, parfois plusieurs fois dans le mois. C’est un signe préoccupant de l’appauvrissement des ménages. En cinq ans, nous sommes passés de 19 600 à près de 28 000 services offerts mensuellement, soit une hausse de 42%. Cette réalité démontre à quel point les besoins demeurent importants»  soutient Marie Champagne, directrice générale de Moisson Beauce.

« Pour le service de repas communautaires du Bercail (soupe populaire), il y a eu une augmentation du nombre de repas total servis et ce, malgré une augmentation moins significative du nombre de personnes différentes fréquentant le service. On peut donc conclure que les femmes et les hommes qui viennent au service de L’Assiettée sont venus plus souvent que l’année précédente», ajoute Sarah Bellemare, coordonnatrice développement, communications et philanthropie de l’organisme Au Bercail.

Moisson Beauce rappelle que la faim ne touche plus uniquement les personnes qui n’ont pas de travail, mais un nombre croissant de travailleurs qui ne parviennent plus à couvrir leurs dépenses essentielles, alors que souvent, le coût du logement, de l’alimentation et des autres dépenses laissent moins de marge de manœuvre, on en vient à demander de l’aide alimentaire.