Paul St-Pierre Plamondon: un «espace de dialogue» avec Mark Carney

La Presse Canadienne | 7 octobre 2026 | 05:00
Le chef du Parti québécois et premier ministre élu, Paul St-Pierre Plamondon, tient une conférence de presse à Québec le mardi 6 octobre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Le tout nouveau premier ministre indépendantiste du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, voit un «espace de dialogue» avec le premier ministre fédéral Mark Carney qui permettrait notamment d’avancer sur la lutte à l’itinérance.

À sa première conférence de presse à titre de nouveau chef du gouvernement, M. St-Pierre Plamondon a commenté positivement son premier contact avec son homologue fédéral qui a eu lieu en matinée.

Pendant la longue campagne électorale qui vient de se terminer, le chef du Parti québécois (PQ0) a abondamment critiqué le fédéral sur nombre d’enjeux, l’accusant notamment de ne pas respecter le Québec dans les négociations commerciales avec les États-Unis. 

Mais étonnamment, les deux interlocuteurs semblent avoir trouvé un premier terrain d’entente. 

«Dans le cadre d’un premier appel, l’objectif, c’est aussi que ça se déroule bien, qu’on touche à certains sujets, mais sans non plus la perspective de faire une revendication», a commenté M. St-Pierre Plamondon.

«On a nommé peut-être quatre, cinq sujets d’intérêt de part et d’autre pour lesquels on a convenu qu’il y avait à tout le moins un espace de dialogue», a-t-il résumé.

Sur l’itinérance, le chef péquiste voit une ouverture, lui qui s’est déjà engagé à réduire de moitié le nombre d’itinérants en quatre ans et à investir un milliard de dollars pour y arriver.

«On a jeté les bases d’une collaboration potentielle du fédéral sur la question de l’itinérance», a-t-il affirmé. 

Le nouveau premier ministre a d’ailleurs fait savoir que dans les 100 premiers jours de son mandat, il voulait débloquer un budget spécial pour l’itinérance avant l’arrivée du temps froid. 

Par ailleurs, Paul St-Pierre Plamondon a pris ses premières décisions de premier ministre mardi.

Il a nommé sa cheffe de cabinet, Nadine Koussa, qui présidait jusqu’à récemment la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

Elle succédera à sa cheffe de cabinet actuelle, Laura Chouinard-Thuly, dont M. St-Pierre Plamondon a salué les efforts et l’engagement par voie de communiqué.

En outre, le nouveau premier ministre a procédé à la nomination de Frédéric Guay à titre de secrétaire général et greffier du Conseil exécutif, donc le plus haut fonctionnaire de l’État. M. Guay a été auparavant sous-ministre à l’Environnement et aux Transports.


Avec 59 sièges sur 127, M. St-Pierre Plamondon se retrouve propulsé à la tête du Québec, mais dans une position délicate.

Le nouveau premier ministre devra bouger rapidement au cours des prochaines semaines et des mois qui suivent, car les gouvernements minoritaires ont eu une espérance de vie d’environ 18 mois dans l’Histoire récente au Québec.

À la fin de la campagne, M. St-Pierre Plamondon avait réclamé avec insistance un mandat majoritaire pour mettre en place son programme et ses réformes, mais il n’a pas été entendu. 

Dans sa nouvelle équipe, seuls deux élus ont exercé les fonctions de ministre, Pascal Bérubé et Nicolas Marceau, tous deux dans le gouvernement Marois. 

Certains des nouveaux élus ont déjà été députés autrefois, soit Nicolas Girard (Repentigny), Alain Therrien (Sanguinet), Elsie Lefebvre (Berthier) et Méganne Perry Mélançon (Gaspé). 

Ce sixième gouvernement du Parti québécois dans l’Histoire du Québec a obtenu la plus courte marge d’appui populaire de tous, 28 %, en dessous du précédent plancher du gouvernement Marois en 2012, à 31,95 %.

Cependant, le PQ a pratiquement doublé son nombre de votes recueillis par rapport à 2022, passant de 600 000 à pratiquement 1,2 million.

Mais la formation indépendantiste n’a pu matérialiser ses espoirs dans la région de la Capitale-Nationale, en Montérégie et sur l’île de Montréal. 

Le PQ a même perdu son seul siège dans la région de Québec, Jean-Talon, où Pascal Paradis a été dépassé par la libérale Julie White. 

Même la Montérégie, longtemps un bastion péquiste avant de passer à la CAQ en 2018, est maintenant plus friable. 

Vachon a été remportée par le PLQ avec seulement 14 voix de majorité, La Prairie avec 651 voix, Montarville avec 341 voix. 

Et M. St-Pierre Plamondon n’a pas réussi non plus à sauver de l’assaut du PCQ son député Alex Boissonneault, dans Arthabaska, qu’il avait pourtant gagnée en 2025 lors d’une complémentaire. 

Un de ses candidats vedettes promis à un rôle dans l’équipe économique, René Branchaud, a été battu par seulement 191 voix dans Champlain par une conservatrice.

Incidemment, M. St-Pierre Plamondon était allé faire campagne dans Champlain samedi pour soutenir son candidat, comme il était passé dans Louis-Hébert, à Québec, pour aider Chloé Fauchon, qui a finalement plié devant le conservateur Marcos Archambault.

De même, il avait consacré la majeure partie de sa journée de dimanche à faire campagne dans des circonscriptions de Montréal détenues par QS, Hochelaga-Maisonneuve, Rosemont, Maurice-Richard, sans succès.

Le PQ a toutefois remporté une circonscription supplémentaire à Montréal, Pointe-aux-Trembles, pour un total de deux avec celle du chef, Camille-Laurin.