Québec veut augmenter ses achats québécois

Benjamin Aubert | 23 juin 2026 | 15:22
Photo: Gracieuseté CCINB

Le gouvernement du Québec veut augmenter la part de ses achats effectués auprès d’entreprises québécoises. 

La présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, a dévoilé mardi matin une nouvelle stratégie qui vise à faire passer cette proportion de 50 à 60 % d’ici 2030. 

Selon le gouvernement, cette hausse représenterait un potentiel de 1,8 milliard de dollars de retombées sur le PIB. Pour y arriver, des cibles seront attribuées à l’ensemble des organismes publics, ainsi qu’aux grands ministères et organismes.

«Pour la première fois dans l’histoire des marchés publics au Québec, leurs dirigeants seront imputables des résultats obtenus et devront en rendre compte annuellement. C’est un changement de culture qui s’amorce, axé sur la transparence et la performance», affirme le gouvernement par voie de communiqué.

Par ailleurs, Québec prévoit aussi de favoriser davantage l’utilisation de bois, d’acier et d’aluminium d’ici dans les contrats publics, ainsi que l’achat d’aliments québécois dans les écoles et les hôpitaux.

Le gouvernement compte également mettre fin à la politique du plus bas prix conforme «dans sa forme actuelle» pour «valoriser» la qualité, le rapport qualité-prix, le dialogue compétitif et les approches collaboratives et rendre l’État plus «accessible et prévisible» pour les entreprises en tenant notamment des forums sectoriels périodiques ainsi qu’en publiant des plans d’acquisition sur cinq ans et en modernisant le Système électronique d’appel d’offres.

« Avec cette nouvelle stratégie, nous faisons de l’achat québécois un réflexe gouvernemental. Nos marchés publics représentent des milliards de dollars chaque année. Ils doivent davantage bénéficier à nos entreprises, à nos régions et à notre capacité d’innover. Nous profitons également de l’occasion pour rendre les marchés publics plus simples et plus accessibles aux PME d’ici, notamment. Parce que c’est ça, adopter le réflexe québécois », a soutenu Mme Duranceau.

Mesure bien accueillie par les chambres de commerce

En réaction, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) a dit accueillir «positivement» la nouvelle stratégie gouvernementale, puisqu’elle fait preuve d’une «plus grande ambition de la part du gouvernement».

« La proportion de contrats d’approvisionnement octroyés à des entreprises québécoises stagne sous la barre des 50% depuis de nombreuses années. La précédente stratégie gouvernementale, présentée en 2022, manquait de mordant et n’a pas changé la donne. Cette fois-ci, la présidente du Conseil du trésor reprend plusieurs recommandations formulées par la FCCQ, comme se doter d’une cible plus ambitieuse, former les fonctionnaires responsables, moderniser le SEAO et miser davantage sur le mode collaboratif et sur la concertation avec les entreprises. Sur tous ces aspects, la voix des entreprises du Québec a été entendue. Ce que nous demandons à tous les partis politiques, c’est de franchir un pas de plus et de s’engager à mettre fin au critère du plus bas soumissionnaire », a mentionné la présidente-directrice générale de la FCCQ, Véronique Proulx.

La FCCQ déplore toutefois que la «majorité des contrats publics continuera d’être octroyée selon le plus bas soumissionnaire», puisque la nouvelle stratégie «prévoit une hausse de 28 % à 33 % de la part des contrats adjugés sur la qualité et la valeur plutôt que sur le plus bas soumissionnaire».