La Ville de Québec invite à «se calmer le pompon, à vélo comme en auto»

La Presse Canadienne | 19 juin 2026 | 04:59
Éric Courtemanche Baril, responsable de la sécurité routière, et Marianne White, responsable de la sécurité publique sur le comité exécutif de la Ville de Québec. | Photo: Simon Bélanger, Initiative de journalisme local

Par Simon Bélanger, Initiative de journalisme local, Monquartier.quebec

« Wô les moteurs. On lève le pied en zone de chantier », c’est l’un des slogans que la Ville de Québec déploiera dans sa campagne de sécurité routière 2026. Celle-ci suit une année 2025 difficile sur les routes de Québec, marquée par 14 décès.

Plus tôt cette semaine, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) publiait son bilan routier, relevant un total de 371 décès en 2025 au Québec, dont 35 dans la région de la Capitale-Nationale, alors que la moyenne annuelle serait autour de 20 dans les dernières années.

14 de ces décès sont survenus sur le territoire de la Ville de Québec.

« C’est sûr que 14 collisions, ça nous amène à nous [demander s’il] y a des choses qu’on peut faire pour prévenir ces collisions-là. Et on se rend compte qu’il y en a beaucoup, de ces collisions-là, qui sont associées à des comportements délinquants », affirme Marc des Rivières, directeur du Service de transport et de la mobilité intelligente à la Ville de Québec, lors d’un point de presse tenu à Sillery jeudi matin.

M. Des Rivières souligne que, selon la littérature, pour « 80 à 85% des collisions, la cause principale, c’est un facteur humain. » Il rappelle que la Ville peut et doit faire des aménagements, mais que les comportements sur la route doivent aussi être sécuritaires.

« On prend son gaz égal »

Au cours des prochaines semaines, différents slogans se feront entendre sur les ondes radio, ou se feront voir sur les médias sociaux. Une campagne d’affichage se tiendra aussi à l’approche de la rentrée scolaire.

« On se casse pas le bécyk, on suit les panneaux de chantier » et « On prend son gaz égal, même en trottinette », font partie des phrases que la population devrait bientôt entendre régulièrement.

« Nous avons choisi une approche qui se démarque, une campagne qui repose sur un concept accrocheur : utiliser des expressions québécoises pour capter l’attention et faire passer le message », explique Éric Courtemanche Baril, conseiller responsable de la sécurité routière au comité exécutif.

Ce dernier rappelle que l’année 2026 est marquée par d’importants chantiers, dont plusieurs en lien avec le tramway. Dans ce contexte, M. Courtemanche Baril invite donc « à faire preuve de prudence, de vigilance et de patience ».

Quelques slogans de la campagne de sécurité routière 2026 de la Ville de Québec. | Photo: Simon Bélanger, Initiative de journalisme local

Bonifications à la sécurité routière

En 2026, la Ville de Québec consacre un montant de 6 M$ pour bonifier les aménagements en sécurité routière.

138 nouveaux seuils de ralentissement s’ajoutent, pour un total de 244. 11 nouvelles zones pour aînés seront aussi aménagés cette année. L’administration Marchand souhaite atteindre les 400 seuils de ralentissement et 40 zones pour aînés en 2029.

10 projets de nouveaux trottoirs se retrouvent sur la liste de choses à faire en 2026, tout comme l’aménagement de 14 corridors scolaires. Après cette année, il restera seulement 2 corridors scolaires à aménager sur tout le territoire de la Ville de Québec.

Dans l’arrondissement de La Cité-Limoilou, trois seuils de ralentissement s’ajouteront sur l’avenue de la Capricieuse, dans le quartier Maizerets. Trois autres s’ajouteront sur la rue Lockwell, dans Saint-Jean-Baptiste, dans le contexte des travaux TramCité.

Un des deux seuils de ralentissement installés en 2025 sur l’avenue Sainte-Geneviève, dans le Vieux-Québec. | Photo: Simon Bélanger, Initiative de journalisme local

Une zone aînés s’ajoutera aussi sur la 3e Avenue, dans le Vieux-Limoilou. Le premier aménagement du genre a eu lieu sur l’avenue Holland, dans le quartier Saint-Sacrement.

Deux nouveaux types d’aménagement feront leur apparition sur la chaussée.

En premier lieu, on trouvera des «lignes formées de triangles blancs inversés», qui viendront rappeler aux automobilistes de céder le passage aux piétons. Le projet de Corridor VivaCité (CVC) sur la 4e Avenue, dans le Vieux-Limoilou, inclut notamment ce type d’aménagement.

Ensuite, sur la rue Georges-Muir, dans l’arrondissement Charlesbourg, la Ville testera un projet pilote de bandes vibrantes transversales. Celles-ci inciteront les automobilistes à ralentir, avant d’entrer dans un secteur résidentiel.

Finalement, la Ville de Québec compte sur quatre radars photos mobiles. Ceux-ci seront déployés en zones de chantier et près des camps de jour cet été, ainsi que dans les zones scolaires à la rentrée.

Surreprésentation des aînés

En 2025, 10 des 14 décès survenus sur les routes impliquaient une personne âgée de plus de 70 ans, qui était au volant ou passagère d’un véhicule. Pour la Ville, cette statistique impose un questionnement.

« Chez les aînés, il peut y avoir toutes sortes de causes. Est-ce que les gens ont eu un malaise? Est-ce qu’il y a une méconnaissance de la signalisation? […] Souvent, le code de la sécurité routière évolue et on ajoute des panneaux. Est-ce que le continuum éducatif est adéquat pour l’ensemble des conducteurs? Ça soulève toute une série de questions, pour lesquelles il n’y a pas de raison spécifique», soutient Marc des Rivières.

Ce dernier souhaiterait que toutes les institutions responsables, de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), en passant par le ministère des Transports (MTQ), fassent un meilleur travail de communication et de sensibilisation, particulièrement autour des règles plus récentes et des nouveaux types d’aménagements.

De son côté, Éric Courtemanche Baril invite les citoyens à continuer de faire part de leurs préoccupations concernant la sécurité routière dans leur quartier en contactant le 311, comme ce sont les « spécialistes de leur coin de rue ».

Cet article bénéficie du soutien de l‘Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.