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Assemblée nationale: hausse des menaces visant les députés
Photo du Salon rouge de l'Assemblée nationale, à Québec, prise le 6 décembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Les menaces visant les députés de l’Assemblée nationale sont en hausse.
La sécurité a traité 668 dossiers en 2025-2026, par rapport à 498 l’année précédente, soit une augmentation de 34 %, selon les données révélées par la présidente de l’Assemblée nationale, Nathalie Roy, en commission parlementaire mardi.
Elle a aussi révélé que les enjeux de harcèlement à l’interne à l’Assemblée sont en hausse et que huit parlementaires ont été «mis en cause».
Sur les 668 dossiers de sécurité traités par l’Assemblée, un peu moins de la moitié, soit 296, ont été considérés comme des «dossiers d’intérêt», c’est-à-dire qu’ils ont été jugés comme «sérieux» par les corps policiers.
Il s’agit d’une hausse de 27 % des «dossiers d’intérêt», par rapport à l’année précédente.
Ces 668 dossiers arrivent des bureaux de circonscription et il peut s’agir par exemple de «menaces ou de méfait» et 296 sont jugés «préoccupants» par les corps policiers, pouvant mener à des enquêtes criminelles, a expliqué le sergent d’armes de l’Assemblée, Mathew Lagacé.
La Direction de la sécurité de l’Assemblée nationale s’occupe non seulement de la sécurité des parlementaires, mais également de celle de leur bureau de circonscription et du personnel qui y travaille.
Il y a maintenant une «Équipe intégrée en sécurité parlementaire», qui regroupe le ministère de la Sécurité intérieure, l’Assemblée et la Sûreté du Québec, pour «traiter le renseignement et l’information pour la protection des élus» et qui est «ultra-efficace», a ajouté le sergent d’armes.
Harcèlement
En outre, les problèmes de harcèlement à l’interne à l’Assemblée nationale sont en forte hausse.
Les «demandes d’information et d’aide» déposées par le personnel politique – c’est-à-dire les employés embauchés par les groupes parlementaires et non le personnel administratif de l’Assemblée – ont augmenté de 185 % entre 2024-2025 et 2025-2026.
En comparaison, la hausse a été de 20 % chez les parlementaires et le personnel administratif.
Un seul parlementaire a porté plainte, mais huit parlementaires ont été «mis en cause», toujours selon les données de Mme Roy, qui apparaîtront dans un rapport déposé à la fin de la session, en vertu de la Politique relative à la prévention et à la gestion des situations de harcèlement au travail.
Une personne mise en cause est une «personne considérée comme responsable de harcèlement par la personne qui s’en sent victime», stipule la Politique.
La Politique garantit la confidentialité du processus, il n’est donc pas possible d’obtenir les noms des élus concernés.
«J’ai été surprise du peu d’élus impliqués, se plaignant, ou ayant besoin», a tenu à indiquer Mme Roy.
Également, 14 membres du personnel politique ont été mis en cause.
Mme Roy a souligné que 27 % des signalements traités en 2025-2026 sont devenus des «plaintes formelles», soit une quarantaine dossiers, ce qui est «un peu plus du double» de l’année 2024-2025, a-t-elle précisé.