Après ses blessures au genou, des semaines importantes attendent Marie-Philip Poulin

La Presse Canadienne | 28 mai 2026 | 05:01
Marie-Philip Poulin (29) de la Victoire de Montréal fait une étreinte à Laura Stacey (7) après avoir remporté la Coupe Walter de la LPHF face à la Charge d'Ottawa, à Ottawa, le mercredi 20 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang

Marie-Philip Poulin et ses coéquipières de la Victoire de Montréal continuent de flotter sur un nuage, une semaine après leur conquête de la coupe Walter. Toutefois, la capitaine de la formation montréalaise devra traverser les prochaines semaines avec un nuage qui, pour le moment, laisse planer des doutes sur son avenir à court terme sur les patinoires de la Ligue professionnelle de hockey féminin.

«C’est sûr qu’il va y avoir quelques décisions à prendre dans les prochaines semaines», a déclaré Poulin, dernière joueuse à défiler devant les journalistes lors du bilan de fin de saison de la Victoire, mercredi à l’Auditorium de Verdun.

«Je pense juste essayer de revenir et rééduquer de la bonne façon. Je ne sais pas exactement comment ça va se passer, mais je pense que ça va être une journée à la fois. Je n’ai pas encore eu tous les résultats de ce qui se passe», a-t-elle ajouté.

Pour Poulin, les trois derniers mois de la saison, incluant les séries éliminatoires, n’ont pas été de tout repos. Ses mésaventures ont commencé aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, en février, lorsqu’elle a subi une blessure au genou droit. Puis, lors d’un match contre le Fleet de Boston le 15 mars, elle a aggravé cette blessure, ce qu’elle a d’ailleurs confirmé lors de sa mêlée de presse.

Elle a raté les 10 parties suivantes et est revenue au jeu lors du tout dernier match du calendrier, le 25 avril à Seattle. Poulin a ensuite pris part aux neuf matchs de la Victoire pendant les séries éliminatoires.

Elle l’a fait avec une attelle au genou qui, visiblement, la limitait dans ses mouvements, tout particulièrement lors de la série demi-finale contre le Frost du Minnesota. Poulin a d’ailleurs admis qu’elle était un peu plus à l’aise en finale, contre la Charge d’Ottawa.

«C’est dur quand tu mets une attelle avant chaque match. C’est pesant, tu penses que tu as un piano sur le dos. Mais au bout du compte, tu mets ça de côté, tu patines avec le coeur, avec la tête, puis ça va bien aller», a mentionné Poulin.

La capitaine de la Victoire a tellement patiné avec le coeur et la tête qu’elle a été élue la joueuse la plus utile à son équipe pendant les séries éliminatoires, après avoir amassé huit points en neuf parties.

Toutefois, malgré ces performances, le genou droit demeure un point d’interrogation au point où elle pourrait devoir passer sous le bistouri.

«J’attends encore les résultats. Alors on va voir, cet été, si on a des décisions à prendre», a-t-elle dit. Lorsqu’elle s’est fait demander à quel moment elle prévoyait avoir une réponse, elle s’est limitée à dire que ce serait dans les prochaines semaines.

Il n’en fallait pas beaucoup plus pour que le mot «retraite» se glisse dans la conversation.

«Bon, on est là!», a lancé Poulin, en ricanant.

Mais à 35 ans, Poulin sait très bien qu’il lui reste moins d’années à jouer qu’elle en a donné au hockey féminin.

«Ça va être à penser, c’est sûr. Je ne sais pas encore, on va voir dans les prochaines semaines, comme je l’ai mentionné, les résultats et tout ce qui va se passer. J’essaie d’être dans le présent. Juste d’en profiter d’être dans le moment présent, c’est quelque chose qui est super important. Éventuellement il va y avoir des conversations, il va y avoir des décisions à prendre, mais pour l’instant, je n’ai pas nécessairement pensé à ce mot-là. Mais c’est sûr que ça va être important les prochaines semaines.»

La carrière et la vie de Poulin sont intrinsèquement liées à celles de Laura Stacey, et cette dernière a évoqué publiquement le désir de fonder une famille avec Poulin. Dans l’immédiat, Stacey savoure chaque moment de célébration depuis le triomphe final, le 20 mai dernier.

«Non, on n’a pas encore vraiment eu de discussion sérieuse à ce sujet. Pour nous, en ce moment, profitons de chaque instant de cette célébration de cette équipe, de ce groupe, car c’est potentiellement une occasion unique dans une vie», a déclaré Stacey lors de sa mêlée de presse.

Et qu’en est-il de la saison 2026-2027? Difficile de s’avancer à ce sujet.

«Il est évident que nous devons toutes les deux faire le point sur notre condition physique après des éliminatoires assez difficiles», a précisé Stacey.

«Je pense donc que la première étape consiste à analyser ces résultats, à déterminer les prochaines étapes sur le plan physique, puis, bien sûr, à réfléchir à notre vie, à notre aspect mental et à ce que nous voulons faire en tant que famille. Nous n’avons donc pas encore vraiment concrétisé ces réflexions.»

Stacey n’a pas été épargnée par les blessures. Dans les derniers instants du premier match de la finale, on l’a vu se tordre de douleur et s’agripper le genou gauche en zone de la Charge, alors que la Victoire tirait de l’arrière 2-1.

«C’est sans aucun doute l’une des pires douleurs que j’aie jamais ressenties. C’était effrayant. Je suis sûr que vous l’avez tous ressentie aussi. Je sais que mes coéquipières l’ont ressentie. Je hurlais. Je ne peux pas dire que j’aie déjà ressenti ça auparavant», a affirmé Stacey.

Ces moments se sont déroulés sous les yeux de Poulin qui, paniquée de son propre aveu, a suggéré de faire venir l’ambulance. La réponse qu’elle a entendue a été catégorique: «Non!».

Après le but égalisateur de Nicole Gosling avec 2,1 secondes à écouler, Stacey est revenue en prolongation et a même obtenu une aide sur le filet victorieux d’Abby Roque.

«Honnêtement, je n’ai aucune idée de comment ça s’est passé. Mais le personnel médical de cette organisation est sans égal. Et je n’aurais jamais pu revenir sur la glace sans cette équipe qui travaille en coulisses. On ne leur rend pas assez hommage. On ne les voit pas souvent. Mais ils ont eu un impact énorme sur cette équipe et, honnêtement, sur notre victoire en Coupe Walter.»