Coup de pouce financier pour des stages en dentisterie sociale à la clinique SPOT

La Presse Canadienne | 31 mars 2026 | 05:00
De gauche à droite: Jean-Yves Duclos, député de Québec—Centre; Steeve Lavoie, député de Beauport—Limoilou; Marie Audette, doyenne par intérim de la Faculté de médecine dentaire de l'Université Laval; Sophie D'Amours, rectrice de l'Université Laval; et Cathia Bergeron, vice-rectrice aux études et aux affaires étudiantes, et responsable de la santé à l'Université Laval. | Photo: Simon Bélanger, Initiative de journalisme local

Par Simon Bélanger, Initiative de journalisme local, Monquartier.quebec

Le gouvernement du Canada annonçait lundi matin un montant de 3,8 M$ pour améliorer l’accès aux soins buccodentaires au Québec, en collaboration avec la Faculté de médecine dentaire de l’Université Laval. Une somme de plus de 2,3 M$ sera notamment destinée à développer l’offre en dentisterie sociale au centre-ville de Québec, via la clinique SPOT, mais aussi dans une nouvelle clinique pour desservir la Rive-Sud et la Beauce.

Les députés fédéraux de Québec—Centre et Beauport—Limoilou, Jean-Yves Duclos et Steeve Lavoie, se trouvaient lundi à l’Université Laval pour procéder à cette annonce, au nom de la ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel.

Un montant de 3,8 M$ sera donc accordé pour un projet du Fonds d’accès à la santé buccodentaire (FASB) à l’Université Laval. Celui-ci servira principalement à améliorer la formation des étudiants en santé buccodentaire, en plus d’aider à desservir davantage de patients.

«Notre gouvernement s’engage à réduire les obstacles qui entravent l’accès aux services de santé buccodentaires. Ces projets menés en collaboration avec l’Université Laval proposent des solutions concrètes pour étendre la couverture des soins et de la population du nouveau Régime canadien de soins dentaires. Cela améliorera également les débouchés de formation pour les étudiants, afin de former la prochaine génération de professionnels de la santé buccodentaire et d’améliorer la santé des gens dans la région de Québec», souligne M. Duclos, député de Québec—Centre.

Une aide en trois volets

La somme de 3,8 M$ se décline en trois projets distincts.

D’abord, plus de 2,3 M$ seront consacrés à la création des nouveaux stages en dentisterie sociale, en collaboration avec la clinique SPOT. Celle-ci offre présentement une multitude de soins pour personnes marginalisée et désaffiliées du système public.

Les soins buccodentaires sont offerts par une équipe de dentistes, de bénévoles et d’étudiants dans des locaux du Relais d’Espérance, situé dans Limoilou.

La clinique opère de septembre à mai, et cesse ses activités pendant l’été. Les nouvelles sommes annoncées aujourd’hui permettront notamment d’ajouter une journée d’opération par semaine.

Une partie du montant servira également à offrir ces stages en dentisterie sociale dans une nouvelle clinique dentaire qui sera rénovée et équipée pour traiter des patients dans une région moins bien desservie sur la Rive-Sud.

Ensuite, plus d’1 M$ servira à la mise en place d’un nouveau stage, qui permettra aux étudiants en dentisterie de travailler dans des cabinets privés de régions mal desservies du Québec, comme le Bas-Saint-Laurent.

Finalement, 451 000$ serviront à former des étudiants et à soutenir une initiative de recrutement et de fidélisation des patients admissibles au Régime canadien de soins dentaires dans les régions de Québec et Lévis, en plus de payer le solde de leurs quotes-parts.

Cet investissement s’inscrit à l’intérieur du montant plus large de 35 M$, échelonnés sur 3 ans, pour 30 projets alignés avec le Fonds d’accès à la santé buccodentaire.

«En 2023-24, il y avait plus du quart des Canadiens qui n’allaient pas chez le dentiste, qui n’avaient pas accès aux soins buccodentaires pour des raisons financières. […] Alors le financement de 451 000$ qui nous est accordé va permettre de couvrir la proportion du régime canadien qui n’était pas pris en charge dans le détail. […] Grâce à cette subvention-là, on va pouvoir offrir à l’ensemble de notre patientèle cette couverture de 100%», se réjouit Marie Audette, doyenne par intérim à la Faculté de médecine dentaire.

«Remplir notre rôle dans la société»

Mme Audette ajoute également que ce financement permettra aux étudiants en dentisterie à être exposés à «une clientèle marginalisée».

«Ça nous permet de remplir notre rôle dans la société. […] Les dentistes, les futurs professionnels vont découvrir ce milieu, où les gens sont en grande fragilité, en grande vulnérabilité. Et ça, ça va être un atout incroyable dans leur formation, où l’humain va jouer tout son rôle», affirme Marie Audette.

Jean-Yves Duclos ajoute qu’une clinique comme SPOT permet d’accueillir «des gens qui ont peur des institutions, qui ont peur d’aller dans des cliniques privées».

«Ils ont peur, aussi, de ne pas pouvoir payer la facture à la fin. Ces gens-là, souvent, se sentent plus à l’aise, pour toutes sortes de raisons, d’aller dans des organisations communautaires comme SPOT», soutient le député.

Rappel sur l’accès au Régime canadiens de soins dentaires

En décembre 2023, le gouvernement de Justin Trudeau lançait officiellement le nouveau Régime canadien de soins dentaires.

Pour y avoir accès, il faut remplir ces différentes conditions : ne pas avoir accès à une assurance dentaire; avoir produit sa déclaration de revenus individuelle au Canada (et celle de son conjoint ou sa conjointe, le cas échéant); avoir un revenu familial net ajusté inférieur à 90 000$; et être résident canadien aux fins de l’impôt.

Par ailleurs, le député de Beauport—Limoilou organisait, quelques heures après la conférence de presse, une première séance d’aide à l’inscription au Régime canadien de soins dentaires, au Patro Roc-Amadour.

«C’est tellement positif. Je connais tellement de gens. Même mes parents l’ont utilisé. Ils étaient tellement fiers. C’était tellement important pour leur fierté. C’est un beau programme et on n’en parle pas assez. Il faut en parler plus pour que les gens s’inscrivent», souligne Steeve Lavoie.

Depuis le lancement du programme, plus de 1,7 million de personnes en ont bénéficié au Canada. Dans la circonscription de Beauport—Limoilou, plus de 27 000 résidents auraient déjà adhéré au programme.

Cet article bénéficie du soutien de l‘Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.