Un jeune arbitre de 15 ans victime d’intimidation sur et en dehors de la glace : la police appelée en renforts

Boris Chassagne | 17 mars 2026 | 09:47
(Photo: Illustration Pixabay)

Andrée Anne Cantin, la mère d’un jeune arbitre en chef, rapporte que son fils de 15 ans qui arbitrait une partie de hockey mineur Pee-Wee B, a été victime d’intimidation de la part de parents qui assistaient au match, mais aussi de la part de l’entraîneur-chef d’une des deux équipes.

Son fils, du haut de ses 15 ans, a même dû suspendre l’entraîneur qui l’invectivait. La situation a dégénéré. La mère raconte que les gestes d’intimidation se sont poursuivis à l’extérieur de la glace, si bien que les policiers ont dû être dépêchés sur les lieux. Elle en veut aux adultes, à l’entraîneur, et au jeu, qui souvent n’en est plus un.

En entrevue avec Arsenal Média, Mme Cantin avoue être contente de voir à quel point son récit a été partagé. Plus de 1000 fois sur son compte Facebook. « J’ai reçu beaucoup de commentaires de parents de jeunes arbitres qui ont vécu la même chose. Ça les a incités à dénoncer les situations qu’ils ont vécues auprès de Hockey Québec ». Elle voulait dire aux gens, dénoncez, n’acceptez pas ça, ce n’est pas normal.

Son fils est retourné arbitrer une partie de hockey dimanche. Des policiers étaient sur place par mesure de précaution. Il va bien, affirme sa mère. « Il est conscient que ce n’est pas la normalité. Il a été clair que s’il a à revivre ça, il pourrait quitter la profession d’arbitre. »

Mme Cantin qui n’a pas voulu citer le nom de l’entraîneur et de l’équipe impliquée. « C’est un comportement généralisé. Je ne voulais pas blâmer personne. Le but c’était de dire il faut qu’il se passe quelque chose, il faut que ça arrête ce genre de comportements. On a fait des démarches ». Déjà l’entraîneur impliqué a été suspendu pour trois matchs. « Ce n’est pas suffisant. L’association du hockey mineur, la ligue devra décider s’ils vont plus loin. Ce bout-là ne m’appartient pas. Le but c’était de dénoncer ces comportements qui sont encore trop présents dans le hockey mineur », de dire Andrée Anne Cantin. « Je m’explique mal que des adultes en arrivent là pour insulter, intimider un jeune de 15 ans. Il faut se rappeler que c’est un sport, et quand on est rendus là, c’est un problème de valeurs. »

Mme Cantin a publié un long cri du cœur sur Facebook. Son récit a aussi attiré l’attention de nombreux médias. Nous partageons ici son texte avec vous. Mme Cantin a tenu à préciser qu’il ne s’agit pas d’entraîneurs ou de parents de l’Association du hockey mineur Appalaches.

« Mon fils a 15 ans. Aujourd’hui, il arbitrait en chef, un match de hockey mineur pee-wee B. Pas la LNH. Pas une finale de championnat. Du hockey mineur. Un loisir. Des enfants. Un ado qui travaille.

Et malgré ça, des adultes, l’entraîneur-chef… ont trouvé acceptable de le narguer, l’insulter, l’intimider sur la glace… et jusqu’en dehors de la glace à la fin de la partie. Mon fils a dû suspendre l’entraîneur. Des adultes. Un coach. Contre un jeune de 15 ans. La situation a été si loin que les policiers ont dû être appelés pour assurer sa sécurité après le match. Prenez une minute pour penser à ça.

On parle d’intimidation. On parle de respect. On veut transmettre de belles valeurs à nos enfants. Mais qu’est-ce que certains adultes leur montrent réellement ? Qu’il est normal de perdre le contrôle pour un match ? Qu’il est acceptable de s’acharner sur un adolescent ? Qu’un loisir mérite qu’on fasse peur à un enfant ? Après ça, on se demande pourquoi il manque d’arbitres. La réponse est simple : à force d’écœurer nos jeunes, ils vont partir. Et sans arbitres, il n’y a plus de matchs.

Ce qui me choque profondément, c’est de voir que ceux qui parlent le plus de respect et d’intimidation sont parfois les premiers à piétiner ces valeurs devant leurs propres enfants. C’est grave. C’est honteux. Et ça doit changer. Parce qu’aucun jeune de 15 ans ne devrait avoir besoin de protection policière à la fin d’un match de hockey mineur. Parce qu’il faut que ça se sache. Parce qu’il faut que ça cesse. Parce qu’aucun enfant ne devrait vivre ça. »