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Rapport Gallant: Québec menace de poursuivre, mais ignore s’il a une poignée
La présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau (au centre), est accompagnée en conférence de presse à l'Assemblée nationale par le ministre des Transports, Jonatan Julien (à gauche), et le ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Gilles Bélanger (à droite), le 17 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Trois ministres du gouvernement Legault ont promis mardi de «punir les coupables» du fiasco SAAQclic, mais ils ignorent s’ils auront véritablement une poignée pour le faire.
«Nous évaluons l’ensemble des recours juridiques possibles», a déclaré la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, en point de presse pour réagir au rapport Gallant.
Selon ce rapport, de hauts dirigeants de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) ont «sciemment menti» aux élus pendant des années dans le but de «dissimuler» d’importants dépassements de coûts.
Mais comment punir des dirigeants qui sont aujourd’hui à la retraite? Et comment prouver en justice qu’ils ont agi de mauvaise foi ou avec une intention criminelle?
La ministre n’a pas de réponse, sinon de dire qu’«on veut une poignée et on va en trouver une». Elle fait par ailleurs planer la menace de «mesures disciplinaires».
«C’est d’être suspendu sans solde, c’est d’être rétrogradé dans tes fonctions, c’est d’avoir des notes négatives à ton dossier qui vont t’empêcher de progresser aussi rapidement», a-t-elle énuméré.
Mme Duranceau était accompagnée en point de presse mardi par le ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Gilles Bélanger, et son homologue aux Transports, Jonatan Julien.
Ils ont balayé les questions sur la responsabilité ministérielle, M. Julien reconnaissant du bout des lèvres que certains ministres caquistes auraient «pu être plus pointilleux».
Mais, a-t-il enchaîné, «si je pose 100 questions à un menteur, je vais avoir 100 mensonges».
«Ne passons pas à côté du sujet, est intervenu plus tard le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon. On parl(e) beaucoup de la SAAQ qui a menti, mais (il y a) un gouvernement (…) qui ment et dissimule l’information.»
Le commissaire Denis Gallant a souligné dans son rapport que, contrairement à ce que prétend le gouvernement Legault, plusieurs ministres et le cabinet du premier ministre étaient au courant des dépassements de coûts depuis 2023.
«Avec des conclusions aussi accablantes», Geneviève Guilbault peut-elle rester au conseil des ministres et François Bonnardel peut-il se représenter aux prochaines élections «comme si de rien n’était»? s’interroge M. St-Pierre Plamondon.
Il appelle les candidats à la chefferie caquiste, Christine Fréchette et Bernard Drainville, à se prononcer rapidement sur la question.
La SAAQ s’excuse… mais pas Legault
L’affaire s’est transportée au Salon rouge, mardi après-midi, où la cheffe parlementaire de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a exigé des excuses de la part du premier ministre François Legault pour avoir «flaubé l’argent des Québécois».
Ces excuses ne sont jamais venues.
De son côté, le chef parlementaire du Parti libéral, André Fortin, a voulu savoir si l’ex-directrice de cabinet de M. Bonnardel, qui a suggéré à la SAAQ en 2020 d’omettre certaines informations, serait, elle, punie.
«Quand le premier ministre nous dit qu’il veut poursuivre les hauts dirigeants menteurs, est-ce qu’il veut poursuivre le « staff » politique de la Coalition avenir Québec?» a-t-il demandé.
«On ne parlera pas d’une attachée politique qui venait du Parti libéral», a rétorqué François Legault.
Les partis d’opposition ont dû se rabattre sur les «sincères excuses» de la SAAQ.
La société d’État a annoncé, dans la foulée du rapport Gallant, qu’elle s’engageait dans une restructuration «majeure» visant à «regagner la confiance des citoyens».
Elle a assuré qu’elle «collaborera pleinement» avec le gouvernement dans la mise en œuvre des recommandations.
«La SAAQ transformera ces recommandations en actions et elle ne ménagera aucun effort pour y arriver», a promis son nouveau président-directeur général, Serge Lamontagne.
En entrevue à Radio-Canada, M. Lamontagne a dit étudier la possibilité d’intenter des poursuites contre les entreprises «qui auraient commis des fautes».
«Je ne veux pas juste qu’on se penche sur les employés, mais aussi sur les entreprises (qui ont eu des contrats). C’est cette partie-là que je veux qu’on fouille rapidement avec les équipes juridiques», a-t-il déclaré.