Isabelle Lecours se positionne sur la question des travailleurs qualifiés du PEQ

Boris Chassagne | 10 février 2026 | 14:02
La députée de Lotbinière-Frontenac de la CAQ, Isabelle Lecours | (Photo: Benjamin Aubert, Arsenal Media)

La députée de Lotbinière-Frontenac Isabelle Lecours prend position sur le programme d’expérience québécoise (PEQ). Mme Lecours qui dans la course à la chefferie de la CAQ a donné son appui à Bernard Drainville. Le candidat qui a, à son tour, fait pression sur son opposante, Christine Fréchette pour qu’elle accorde, comme il dit le souhaiter, une clause de droits acquis aux travailleurs internationaux temporaires du PEQ.

Dans une entrevue accordée à monthetford.com et VIVA 105,5, Isabelle Lecours, députée de Lotbinière-Frontenac, affirme être totalement arrimée à la position de M. Drainville sur la question du PEQ. « Je suis une députée de région, je connais bien les entreprises de la région, le taux de chômage est très bas, il y a beaucoup d’entreprises manufacturières, beaucoup de travailleurs étrangers viennent nous aider. Je suis pour un droit acquis pour certaines personnes », précise Isabelle Lecours.

On ne couvre pas tous les secteurs, mais c’est ce qui nous avait été demandé. – Députée de Lotbinière-Frontenac

Mme Lecours se dit totalement alignée à la position adoptée par le candidat à la chefferie Bernard Drainville, autant sur la limite de candidats qui pourraient bénéficier d’un droit acquis, que sur le profil des candidats-tes qui s’y qualifieraient. « On ne peut pas accepter tout le monde », ajoute-t-elle. « Il faut que ces personnes soient dans des domaines bien précis où c’est difficile de recruter … des travailleurs spécialisés ». Et peu importe qu’ils aient été là avant que le Programme d’expérience québécoise (PEQ) ne soit remplacé par la CAQ. « On devrait accepter les travailleurs internationaux qui sont sur le territoire depuis deux ans, et qui travaillent dans les secteurs de santé, l’éducation, les services de garde, de la construction, et du manufacturier spécialisé ». Quand on parle de chiffres à Mme Lecours, elle ne les a pas en main. Et elle convient que sa position ne couvre pas tous les secteurs où ces travailleurs qualifiés du PEQ œuvrent. Pensons au tourisme et à l’agriculture par exemple. « On ne couvre pas tous les secteurs, mais c’est ce qui nous avait été demandé », soutient Isabelle Lecours. Elle se dit par conséquent en faveur de priver des pans entiers de travailleurs qualifiés de leur éligibilité à d’éventuels droits acquis. « On ne peut pas garder tout le monde », explique Mme Lecours.

La députée et candidate à la chefferie, Christine Fréchette qui était est restée de glace devant l’insistance de M. Drainville, autant sur la question du 3e lien, que sur le Programme de l’expérience québécoise, est sortie de son mutisme et a déclaré que la seule « façon d’accorder des droits acquis, est de rouvrir le programme de l’expérience québécoise » pour deux ans. Mme Fréchette qui tire le tapis sous le pied du ministre de l’Immigration Jean-François Roberge, qui lui avait pourtant donné son appui dans la course et qui va encore plus loin que Mme Lecours et M. Drainville sur cette question.

(Photo: gracieuseté)

On a promis des choses à des gens et on change les règles en cours de route. Il faut respecter notre parole, leur offrir de la prévisibilité et leur permettre de poursuivre leur parcours chez nous. – Maire de Thetford Mines

La position de Mme Fréchette qui va sans doute plaire à Marc-Alexandre Brousseau, maire de Thetford Mines et président de la Commission sur l’immigration de l’Union des municipalités du Québec, qui estime que la position de Mme Lecours et Drainville est loin d’être suffisante. « Le Québec a fait beaucoup de démarches pour attirer des gens pour travailler chez nous, on avait des besoins dans plein de secteurs d’activité. C’est encore le cas. On a promis des choses à des gens et on change les règles en cours de route. Il faut respecter notre parole, leur offrir de la prévisibilité et leur permettre de poursuivre leur parcours chez nous ». M. Brousseau qui se demande bien ce que le gouvernement peut dire à ceux et celles qui sont sur le point de renouveler leurs baux pour juillet et qui ne savent rien de ce qui les attend.

Si on veut retourner des gens à la maison ça sera le gouvernement qui aura l’odieux de leur dire en face qu’ils vont les renvoyer chez eux et à des entrepreneurs qu’ils n’auront pas la main-d’œuvre pour opérer. – Maire de Thetford

« Le fédéral a aussi sa part de responsabilité », rétorque Mme Lecours. C’est vrai pour les travailleurs étrangers temporaires, mais pas pour le PEQ, assure Marc-Alexandre Brousseau, maire de Thetford Mines. « Il ne faut pas se protéger, et ne pas remplir ses responsabilités parce quelqu’un a des responsabilités sur d’autres choses. L’abolition du Programme d’expérience québécoise, c’est du ressort du provincial. Que chacun règle ses affaires et on va tous être heureux », poursuit M. Brousseau. « Il y a des gens dans tous les secteurs d’activités et qui permettent à des entreprises d’opérer. Si on veut retourner des gens à la maison ça sera le gouvernement qui aura l’odieux de leur dire en face qu’ils vont les renvoyer chez eux et à des entrepreneurs qu’ils n’auront pas la main-d’œuvre pour opérer ».

Le gouvernement doit-il reculer de A à Z ? « C’est ce que tout le monde pense. Il n’y a que le gouvernement qui pense différemment. Il faut absolument respecter les promesses qu’on a faites à des gens. C’est une question de dignité. Il n’y a aucune bonne raison de s’entêter. On oublie qu’on parle de gens qui travaillent, qui paient des impôts, qui contribuent à payer des services », précise le maire de Thetford, Marc-Alexandre Brousseau.

Quand tout le monde parle d’une même voix, comment ne pas les entendre ?

Mme Lecours répond que « nous (la CAQ) on essaie de trouver un juste milieu, c’est la position qu’on a prise ». Et elle ne changera pas d’idée d’ici aux prochaines élections, dit-elle. « Tout le monde a besoin de services et il y a beaucoup trop de monde sur le territoire. On a reconstruit des écoles ».

Mais, lorsqu’une mesure est critiquée de toutes parts, par tous les milieux et de manière aussi soutenue, ne faut-il pas se rendre à l’évidence et retirer la mesure qui est l’objet de tant de critiques ? On entend par là, les syndicats, les groupes communautaires, l’industrie, les chambres de commerce, le milieu de la santé, le municipal, du tourisme, de la restauration et de l’hôtellerie. « Nous, on dirige le Québec et nous on sait, que les services sont mis à mal, parce qu’on n’est pas capables de fournir. On manque d’employés, de logements. Il faut mettre des limites et c’est celles qu’on a choisies », poursuit Mme Lecours. « Et Bernard Drainville a la position que ça prend pour le moment sur cette question », affirme Mme Lecours qui l’appuie, peu importe la cote actuelle de popularité de M. Drainville. « Moi j’y vais avec mon cœur, mes valeurs, et je n’y vais pas par calcul politique. Si les gens décident de ne pas me réélire en 2026, c’est leur décision et ils en ont parfaitement le droit », dit-elle.