Articles récents
Articles récents
Le taux de chômage a reculé pour s’établir à 6,5 % en janvier au Canada
Des métallurgistes à Hamilton, en Ontario, le mercredi 12 mars 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Nathan Denette Selon Statistique Canada, moins de personnes étaient à la recherche d’un emploi en janvier, ce qui a entraîné une baisse du taux de chômage malgré les pertes d’emploi enregistrées au cours du mois.
L’agence fédérale précise que l’économie a perdu 25 000 emplois en janvier, alors que les économistes s’attendaient à une légère augmentation.
L’économiste Kari Norman, de Desjardins, souligne que l’enquête sur la population active de janvier marque un revirement pour l’économie, qui a régulièrement créé des emplois au cours des quatre mois précédents.
Les pertes d’emploi de janvier ont principalement touché le secteur privé et le travail à temps partiel, et ont surtout concerné les femmes âgées de 25 à 54 ans.
L’Ontario a été le plus touché par ces pertes le mois dernier, en particulier dans le secteur manufacturier.
Statistique Canada précise que le secteur de la fabrication a perdu 28 000 emplois en janvier et compte environ 51 000 emplois de moins qu’il y a un an, avant que les droits de douane américains ne nuisent à l’industrie.
Le secteur de l’enseignement et celui des services professionnels, scientifiques et techniques ont également enregistré des pertes. Le secteur de l’information, de la culture et des loisirs, ainsi que celui des services aux entreprises, des services relatifs aux bâtiments et des autres services de soutien ont enregistré des gains qui ont compensé les pertes.
Le salaire horaire moyen a augmenté de 3,3 % le mois dernier, par rapport à un an plus tôt, soit un peu moins qu’en décembre.
Le taux de chômage a baissé par rapport aux 6,8 % enregistrés en décembre, car moins de personnes étaient à la recherche d’un emploi en janvier, selon Statistique Canada.
Les derniers chiffres de l’emploi reflètent en partie la stagnation de la croissance démographique au Canada.
Mme Norman note qu’avec la réduction du flux d’immigration par le gouvernement fédéral, les nouveaux arrivants ne viennent pas alimenter le bassin de main-d’œuvre canadien au même rythme que ces dernières années.
Cette tendance s’est amorcée chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans avec la baisse du nombre d’étudiants étrangers venant au Canada, mais la diminution du nombre de nouveaux arrivants sur le marché du travail commence également à se manifester chez les travailleurs âgés de 25 à 54 ans, analyse-t-elle.
Plus importante baisse en cinq ans
Bradley Saunders, économiste pour l’Amérique du Nord chez Capital Economics, précise dans une note à ses clients que la baisse de 119 000 personnes de la population active en janvier est la plus importante depuis 5 ans.
Il détaille que «l’effondrement de la croissance démographique» signifie que l’économie n’a pas besoin de créer autant d’emplois pour maintenir le taux de chômage stable chaque mois. Il s’attend à une nouvelle baisse du taux de chômage cette année.
Selon l’agence, 12,4 millions de personnes âgées de 15 ans et plus étaient inactives en janvier, soit une augmentation de 2,7 % par rapport à l’année précédente.
Parmi celles-ci, 34 000 personnes, soit 0,3 %, étaient considérées comme des chercheuses d’emploi découragées, c’est-à-dire des personnes qui ne croient pas qu’il existe un emploi correspondant à leurs compétences. Cette proportion a augmenté d’un dixième de point de pourcentage par rapport à l’année dernière.
Le taux de chômage des jeunes travailleurs âgés de 15 à 24 ans a baissé d’un demi-point de pourcentage en janvier, car moins de jeunes ont cherché du travail. La proportion de jeunes ayant déclaré que leur activité principale était la fréquentation scolaire a augmenté de 2,2 points de pourcentage par rapport à l’année précédente.
Mme Norman explique que ces tendances pourraient refléter la difficulté du marché du travail pour les jeunes travailleurs au cours de l’année écoulée.
Il est tout à fait logique que les jeunes adultes poursuivent leurs études ou reprennent leurs études pour obtenir un deuxième diplôme lorsque le marché du travail est difficile, selon elle.
L’impact du commerce avec les États-Unis
Les enquêtes supplémentaires menées par Statistique Canada le mois dernier suggèrent qu’une proportion croissante de travailleurs dans les secteurs dépendants du commerce avec les États-Unis envisagent de changer de carrière au cours de l’année à venir.
Environ 5,4 % des employés permanents en âge de travailler dans des secteurs dépendants de la demande américaine pour les exportations canadiennes prévoyaient de quitter leur emploi au cours de l’année à venir, soit une augmentation de 1,5 point de pourcentage par rapport à l’année précédente.
Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a affirmé jeudi dans un discours qu’il s’attendait à une reprise «inégale» du marché du travail cette année, certains secteurs et certaines professions enregistrant des gains, tandis que d’autres connaissent une amélioration plus lente.
Mme Norman pointe que de nombreuses entreprises suivront probablement de près la prochaine révision de l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique afin d’obtenir des éclaircissements sur la question des droits de douane avant de prendre des décisions importantes en matière d’embauche.
La Banque du Canada a maintenu son taux d’intérêt de référence à 2,25 % la semaine dernière. Sa prochaine décision est prévue pour le 18 mars.
Andrew Hencic, économiste principal à la Banque TD, spécifie dans une note que, malgré les pertes d’emplois, la baisse du taux de chômage «suggère que le marché du travail est meilleur que prévu, mais pas nécessairement tendu».
Il ajoute que les chiffres de l’emploi pour janvier ne devraient pas influencer la Banque du Canada et qu’il s’attend à ce que la banque centrale attende plus longtemps avant de prendre d’autres mesures, le temps d’obtenir davantage de données économiques.