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Selon Rizqy, Hinse essayait de contourner les règles de l’Assemblée
La députée Marwah Rizqy prend part à la période des questions à l'Assemblée nationale, à Québec, le 13 novembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot L’ancienne cheffe de cabinet de l’opposition libérale (PLQ), Geneviève Hinse, essayait de contourner les règles de l’Assemblée nationale pour favoriser le chef de l’époque, Pablo Rodriguez.
C’est du moins la version de la députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, qui est poursuivie par Mme Hinse pour 500 000 $ en Cour supérieure pour son congédiement jugé illégal le 17 novembre dernier.
C’est toute cette affaire et ses rebondissements qui ont mené à la démission en décembre de Pablo Rodriguez, qui venait d’être élu chef du PLQ il y a à peine six mois, en juin.
Rappelons qu’après sa victoire, M. Rodriguez, qui ne siégeait pas à l’Assemblée, avait donc nommé comme cheffe parlementaire Marwah Rizqy et lui avait désigné le 26 juin à titre de cheffe de cabinet Geneviève Hinse, une collaboratrice de longue date de M. Rodriguez du temps où il était ministre à Ottawa.
Mais les relations se sont envenimées entre les deux femmes durant l’automne. Mme Rizqy a alors congédié Mme Hinse, puis M. Rodriguez a à son tour en représailles expulsé Mme Rizqy du caucus, et elle siège toujours à titre d’indépendante.
Dans l’exposé des moyens de défense de Mme Rizqy dont La Presse Canadienne a obtenu copie lundi, Mme Rizqy justifie sa décision de congédier Mme Hinse.
Mme Rizqy soutient que, malgré ses avertissements, Mme Hinse et M. Rodriguez voulaient contrevenir aux règles de l’Assemblée nationale en faisant fi de la Commissaire à l’éthique et en embauchant du personnel rémunéré par l’Assemblée nationale pour «des fins partisanes».
Mme Rizqy assure qu’elle a donné des instructions claires notamment pour que Mme Hinse consulte la documentation de l’Assemblée sur l’attribution des ressources.
Mme Rizqy fait en outre référence à une rencontre avec Mme Hinse le 16 octobre. Cette dernière fait alors mention d’une «série de postes à pourvoir dont les salaires seraient assumés par l’Assemblée nationale», mais elle entend «utiliser ces nouvelles ressources pour combler les besoins de M. Rodriguez», pourtant un non-élu.
Mme Rizqy aurait alors indiqué pour sa part que les règles sont claires, que cela n’est pas autorisé, et qu’il faudrait payer ce personnel avec les ressources du PLQ.
Mme Rizqy évoque aussi un courriel de Mme Hinse qui aurait proposé d’«attribuer faussement sur papier des fonctions à des employés pour les rattacher à un élu, alors qu’en réalité ceux-ci feraient du travail pour M. Rodriguez».
De même, le 6 novembre, M. Rodriguez aurait souhaité que deux conseillers spéciaux soient embauchés à même les fonds de l’Assemblée nationale, pour répondre au Livre bleu du Parti québécois; Mme Rizqy aurait alors répliqué qu’il s’agissait de travail partisan et que le PLQ devait alors les rémunérer avec ses fonds propres.
«Le fait de continuer de tenter de mettre en oeuvre une répartition des tâches hybrides (NDLR: à la fois parlementaires et extra-parlementaires) pour répondre aux besoins partisans de Monsieur Rodriguez sans consulter la Commissaire à l’éthique est de l’insubordination», ce qui serait un motif de congédiement, peut-on lire dans l’exposé de Mme Rizqy.
En outre, elle soulève le cas d’un employé, Jamee St-Hilaire. Directeur de cabinet adjoint de l’opposition officielle, il «rappelait constamment que son travail était de rédiger la plateforme électorale du PLQ»: or il s’agirait là d’une tâche partisane qui n’aurait donc pas dû être rémunérée par l’Assemblée et Mme Rizqy dit avoir pourtant protesté contre cette affectation.
Mme Hinse «a inévitablement continué de donner instruction à Monsieur St-Hilaire de se consacrer à la préparation de la plateforme électorale», lit-on.
Financement au PLQ
Enfin, Mme Rizqy revient sur des pratiques de financement au PLQ pendant la course à la direction de Pablo Rodriguez, en parlant d’un «événement» en mai 2025 au bureau de circonscription de la députée Sona Lakhoyan Olivier, qui a été exclue du caucus libéral le 4 décembre dernier.
Un bénévole du PLQ, Nicolas Gosselin, a rapporté qu’il y avait «du cash, des cartes de membres du PLQ et beaucoup de gens» au bureau de circonscription, un lieu où pourtant on ne peut tenir d’activités partisanes.
Le 11 septembre, Mme Hinse aurait dit à Mme Rizqy que la dénonciation de cette activité «n’était pas crédible, sachant pourtant qu’elle était crédible, bien fondée», soutient Mme Rizqy.
Marwah Rizqy soutient donc qu’elle était jusitifée de congédier la cheffe de cabinet, en raison de la «découverte de mensonges», ainsi qu’en raison des «avertissements et insubordination répétés quant à l’utilisation des ressources parlementaires».
Elle plaide aussi qu’en «l’absence de préjudice subi par Mme Hinse», il faut rejeter sa demande.
Soulignons que les allégations de Mme Rizqy n’ont pas encore été prouvées devant le tribunal. La cause sera entendue plus tard.