Articles récents
Articles récents
Congrès du PCQ à Lac-Delage: il n’est pas «gênant» d’être conservateur
Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, en conférence de presse avec Maïté Blanchette Vézina lors du congrès du parti qui se tient au Manoir du Lac-Delage, le 31 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, et l’ex-ministre caquiste Maïté Blanchette Vézina intensifient leur collaboration: ils cosigneront un projet de loi pour «décentraliser l’immigration».
Mme Blanchette Vézina, qui n’a pas encore officiellement intégré le PCQ, a été accueillie en vedette au congrès du parti, qui se tient samedi et dimanche à Lac-Delage, au nord de Québec.
Son projet de loi avec M. Duhaime visera «la régionalisation de l’immigration» et proposera de «décentraliser l’immigration auprès des régions en leur donnant des leviers, notamment en francisation», a-t-elle expliqué.
En mêlée de presse suivant son discours, la députée de Rimouski — qui siège depuis septembre comme indépendante — s’est défendue de maintenir le flou sur son allégeance politique.
«Il y a des étapes à franchir dans une réflexion», a-t-elle dit. À ses côtés, M. Duhaime a déclaré que son «objectif, c’est que Maïté porte les couleurs du PCQ lors de la prochaine élection».
Mme Blanchette Vézina a tout de même salué le travail «magnifique» des conservateurs, qui semblent vouloir «mettre les régions au cœur» de leurs priorités.
«J’ai vu d’autres congrès où on ne sentait pas l’authenticité que vous avez», a-t-elle lancé aux quelque 250 militants présents dans la salle.
Les Québécois ne doivent surtout pas être «gênés» de s’afficher comme conservateurs, avait fait remarquer, plus tôt, le chef de l’opposition à l’hôtel de ville de Québec, et membre du PCQ, Stéphane Lachance.
«Redressez la tête. La gêne doit changer de camp. Il n’y a aucune honte à vouloir que le gros bon sens revienne enfin au cœur de nos vies», avait-il déclaré.
«On monte dans les sondages. On grimpe comme ce n’est pas permis!», s’est réjouie au micro l’ex-candidate du PCQ dans Iberville, Anne Casabonne, chargée d’animer le congrès.
Elle a accusé ses adversaires politiques de «plagier» les idées conservatrices. «Tout le monde se bat à droite», a également souligné le président de la commission politique, Karim Elayoubi.
Le congrès du PCQ doit servir à esquisser les grandes lignes de la plateforme du parti en vue de la prochaine campagne électorale, prévue à l’automne 2026.
Plusieurs propositions en économie
En matinée, les militants ont voté pour donner un congé d’impôt partiel aux travailleurs de 65 ans et plus, liquider le Fonds du développement économique et mettre fin à l’«ingérence politique» chez Investissement Québec.
Ils souhaitent également abolir la bourse du carbone et le «Fonds vert», faisant valoir que de toute façon, le Québec «n’émet qu’environ 0,14 % du total des émissions mondiales de GES».
Louis Charbonneau, de Laval-des-Rapides, s’est présenté au micro pour demander que l’on cesse de stigmatiser le CO2, qui n’est pas un polluant, dit-il, mais une «substance essentielle» à la «croissance végétale».
Autre proposition qui a été adoptée samedi: permettre aux ministères et organismes de conserver 10 % de leurs fonds non dépensés pour l’année suivante, «afin de réduire la pression de dépenser inutilement».
Selon le PCQ, le mécanisme actuel («Use it or Lose it») incite les organismes à effectuer des dépenses «précipitées et peu stratégiques» en fin d’année financière.
Les militants ont toutefois rejeté une proposition voulant que le gouvernement publie régulièrement des «capsules d’information vulgarisées» expliquant les finances publiques.
Ils ont jugé que cela ouvrirait la porte à la désinformation gouvernementale.
En santé, ils proposent notamment d’abolir les activités médicales particulières (AMP), ainsi que les plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM).
«Imposer des obligations cliniques et géographiques» aux médecins nuit à l’attractivité de la première ligne, déplorent les conservateurs. Il serait préférable, selon eux, d’utiliser des incitatifs.
Les militants ont ouvert la porte au nucléaire et à l’exploration de l’uranium, mais, au terme d’un débat animé, ont finalement renoncé à réformer le programme d’éducation à la sexualité.
En point de presse, M. Duhaime a félicité ses militants, disant constater qu’ils prenaient de la «maturité» et se «professionnalisaient».
Rêve d’une percée
Selon l’agrégateur de sondages Qc125, les conservateurs peuvent espérer remporter entre quatre et treize sièges aux prochaines élections: ils récolteraient 16 % des intentions de vote.
Le dernier sondage Léger-Le Journal-TVA publié samedi suggère que le PCQ amasserait plutôt 14 % des voix, le plaçant en quatrième place, derrière le Parti québécois, le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec.
Aux élections générales de 2022, le PCQ avait obtenu plus de 530 000 voix, sans que cela se traduise en sièges à l’Assemblée nationale.