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Le PQ courtise les PME en promettant une baisse «historique» de leur fardeau fiscal
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, lors d'une conférence de presse à Saint-Hyacinthe, le 23 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Un gouvernement du Parti québécois (PQ) offrirait aux petites et moyennes entreprises (PME) une réduction «historique» de leur fardeau fiscal.
En point de presse vendredi à Saint-Georges, en Beauce, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon est toutefois resté avare de détails.
Il a expliqué qu’il mettrait fin au «bar ouvert» des subventions gouvernementales pour financer des baisses d’impôt pour toutes les PME du Québec.
Cette mesure se ferait donc à «coût nul», a-t-il soutenu.
M. St-Pierre Plamondon a critiqué le gouvernement Legault, qui choisirait «au pif» à qui il attribue des subventions. Selon lui, cette approche a nui à la productivité.
«On gaspille des milliards en subventions comme si c’était Noël. Nous, on va (…) dire aux entreprises québécoises: « On allège votre fardeau, (…) mais ce n’est pas suivant notre favoritisme »», a-t-il déclaré.
«Donc, on change le modèle et ça va débloquer sur une baisse du fardeau fiscal des PME historique, historique au sens de on n’aura jamais vu ça dans l’histoire du Québec.
«Ça permet donc d’aider toutes les entreprises québécoises, et non pas d’être dans une logique de favoritisme ou d’intuition occulte», a-t-il ajouté.
Selon ses informations, le gouvernement caquiste aurait augmenté les subventions aux entreprises de 67 % par rapport au précédent gouvernement libéral.
Dans ce contexte, un gouvernement du PQ abolirait le Fonds de développement économique.
Mais il attendrait que le Québec devienne un pays avant d’envisager de baisser les impôts des particuliers, a précisé M. St-Pierre Plamondon.
«Si on rapatrie les 90 milliards $ envoyés à Ottawa, (…) on pourrait alors l’envisager», a-t-il fait savoir.
Vendredi, l’Institut économique de Montréal (IEDM) a salué dans un communiqué la proposition du PQ.
L’IEDM calcule que remplacer l’ensemble des subventions aux entreprises par une diminution de l’impôt corporatif permettrait de faire passer le taux provincial de 11,5 % à 4,75 %.
«Cela ferait du Québec l’endroit ayant la fiscalité la plus attrayante pour les entreprises (…) en Amérique du Nord», a applaudi l’économiste Emmanuelle B. Faubert.
L’indépendance, un «projet entrepreneurial»
Les six députés du PQ étaient réunis à Saint-Georges, dans la circonscription de Beauce-Sud, pour préparer la session parlementaire qui s’ouvrira le 3 février.
Cette circonscription, qui est présentement détenue par le caquiste Samuel Poulin, n’a jamais fait élire de député péquiste. Aux dernières élections, les conservateurs étaient arrivés deuxièmes.
Devant une centaine de militants jeudi soir, Paul St-Pierre Plamondon a présenté l’indépendance comme un «vrai projet entrepreneurial».
«On revendique l’entreprenariat pour un peuple au complet», a-t-il clamé.
Lors de cette soirée, le chef péquiste a aussi présenté son offre politique comme un «projet ambitieux de dégraissage de l’État» visant à «couper un gouvernement de trop».
«Le Parti conservateur du Québec nous parle tout le temps de gaspillage puis de la taille de l’État, mais il parle seulement du Québec. Quand c’est le fédéral par contre, là, (…) tout est beau», a-t-il dit.
«Il faut répéter et répéter que nous allons couper un gouvernement de trop.»
Après avoir rappelé qu’il détenait une maîtrise en administration des affaires (MBA), il a invité la foule à l’«aider dans (s)a mission».
«On a des chances et on a des ambitions pour la Beauce», a-t-il lancé.
Le PQ dit être le «gouvernement en attente»
La prochaine session parlementaire, qui s’étirera de février à juin, est la dernière avant les élections générales d’octobre.
Pour le PQ — qui caracole en tête des sondages — elle servira surtout à «limiter les dégâts» du gouvernement caquiste et «aller vers la population» pour mousser son option.
«On se décrit, je pense, à juste titre, comme le gouvernement en attente. On veut répondre aux attentes des Québécois», a déclaré le député Joël Arseneau.
Son collègue Alex Boissonneault a décoché une flèche à l’aspirante première ministre Christine Fréchette, critiquant sa gestion du dossier de l’immigration, un «gâchis», a-t-il dit.
M. St-Pierre Plamondon a quant à lui confié qu’il continuerait d’entretenir des liens «cordiaux» avec le mouvement séparatiste de l’Alberta et son chef, Mitch Sylvestre.
«Ça m’intéresse, ce qui se passe là-bas et vice-versa», a-t-il résumé.
«Des populations qui ne se sont pas parlé beaucoup arrivent toutes à la même conclusion: le fédéral abuse de nos fonds publics, abuse de la Constitution et abuse de ses pouvoirs.»
Il a défendu son droit de développer ces liens, dans le reste du Canada, mais aussi en Europe et aux États-Unis, où il compte d’ailleurs se rendre prochainement: «ça s’appelle de la diplomatie.»
Or, il a tenu à préciser que son parti n’a pas de «lien direct» avec l’administration Trump.
Jeudi, le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, avait accusé l’«Alberta Prosperity Project» de «trahison» pour avoir sollicité l’aide du gouvernement américain.