En caucus à Saint-Georges | L’élection du PQ, un «désastre»: Doug Ford fait du mauvais théâtre, selon PSPP

La Presse Canadienne | 29 janvier 2026 | 19:40
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, lors d'une conférence de presse à Saint-Hyacinthe, le 23 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, fait du «mauvais théâtre» lorsqu’il prétend que l’élection du Parti québécois (PQ) serait un «désastre» pour le Canada.

C’est ce qu’a déclaré jeudi le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, en mêlée de presse à Saint-Georges, en Beauce.

Il répliquait au premier ministre ontarien, qui implore depuis deux jours les Québécois de rejeter le PQ pour le bien du Canada.

«S’il est élu, croyez-moi, d’ici un an, un an et demi, il tiendra un référendum pour se séparer du Canada. Inacceptable!» a persisté et signé M. Ford, jeudi, en marge d’une rencontre du Conseil de la fédération.

«N’élisez pas un parti séparatiste, parce que ça va être un désastre», a-t-il répété. 

La veille, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, s’était dit d’accord avec son homologue ontarien. «Je pense que briser le Canada serait un désastre», avait-il commenté.

«C’est l’union qui fait la force», avait renchéri la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt.

Jeudi, M. St-Pierre Plamondon a rétorqué qu’il s’attendait à des «campagnes de peur» et des «attaques diffamatoires envers le parti pour faire peur à tout le monde».

«C’est un peu caricatural que le premier ministre de l’Ontario (…) et d’autres premiers ministres débarquent sur la scène politique québécoise pour dire aux Québécois comment voter dans un vent de panique.» 

Le chef péquiste a soutenu qu’un Québec souverain garderait des liens étroits avec le Canada. «On aura toujours un dialogue sur ce qu’on a en commun et ce qu’on peut faire avancer», a-t-il dit.

Bien qu’il s’oppose à la tenue d’un référendum, le premier ministre du Québec, François Legault, a déclaré en conférence de presse à Ottawa que c’était «aux Québécois de décider de l’avenir du Québec».

«J’ai dit aux premiers ministres des différentes provinces et territoires que ce n’était pas une bonne idée (d’intervenir)», a-t-il dit.

«Ce sera la décision des Québécois», a acquiescé à ses côtés le premier ministre du Canada, Mark Carney.

La Beauce, un terreau infertile pour les péquistes 

Les six députés du PQ sont réunis à Saint-Georges, dans la circonscription de Beauce-Sud, pour préparer la session parlementaire qui s’ouvrira le 3 février.

Cette circonscription, qui est présentement détenue par le caquiste Samuel Poulin, n’a jamais fait élire de député péquiste. Aux dernières élections, les conservateurs étaient arrivés deuxièmes.

Certes, le PQ consulte depuis quelque temps les acteurs de la région, dans le but d’élaborer sa plateforme en matière de petites et moyennes entreprises (PME), a indiqué jeudi Paul St-Pierre Plamondon.

«Si on regarde les projections, le PQ est quand même dans la course, a-t-il soutenu. On a le mérite d’être très sérieux dans notre démarche pour favoriser et protéger les entreprises exportatrices.»

«On a des chances et on a des ambitions pour la Beauce», a-t-il ajouté.

Selon lui, les Beaucerons se demandent notamment s’il serait risqué d’augmenter leurs exportations en Chine. Ils veulent aussi que le gouvernement diminue leur fardeau fiscal.

«Nous, on est sérieux, on écoute ces entreprises-là et on va s’aligner de sorte que notre plateforme leur soit utile.»

Le chef péquiste s’est par ailleurs dit ouvert à offrir des «clauses grand-père» à certains immigrants laissés en plan par l’abandon du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

Plusieurs régions du Québec, dont la Beauce, réclament de tels assouplissements pour assurer leurs besoins en main-d’œuvre.

Or, «soyons clairs: on ne peut pas donner une clause grand-père à tous les temporaires fédéraux et demandeurs d’asile», a prévenu Paul St-Pierre Plamondon, évoquant entre autres «la crise du logement» et «toute la pression sur les services».

En soirée, une centaine de personnes ont participé à l’«assemblée citoyenne» qui était organisée par le PQ dans un hôtel de Saint-Georges. 

«Travailler de manière méthodique a une valeur, et c’était important pour nous de venir vous dire ça, qu’on va mettre des efforts en Beauce et qu’on espère gagner», a déclaré le chef du PQ.

Il a rappelé à la foule qu’il détenait une maîtrise en administration des affaires (MBA). 

«À chaque fois qu’on nous dit que c’est impossible, répondons par la qualité de ce qu’on fait, par la qualité de nos gens», a-t-il insisté.

Le caucus présessionnel du PQ se poursuivra vendredi.

— Avec les informations d’Émilie Bergeron et de Michel Saba, à Ottawa