Tragique accident à Saint-Luc-de-Bellechasse | Le chauffeur dépassait le double de la limite d’alcool permise

Benjamin Aubert | 16 janvier 2026 | 10:49
Guillaume Maheux-Morin en compagnie de ses deux enfants | Image tirée de Facebook

Le conducteur impliqué dans un accident ayant coûté la vie à trois enfants en août dernier à Saint-Luc-de-Bellechasse présentait une alcoolémie de plus du double de la limite permise.

Le coroner Me Donald Nicole dévoile dans ses rapports concernant les décès de Guillaume Maheux-Morin, 29 ans, Myla-Rose Gilbert-Morin, 7 ans, Jack-Ély Gilbert-Morin, 8 ans, et Gabriel Bolduc, 9 ans, que les analyses toxicologiques de la dépouille de M. Maheux-Morin ont démontré une alcoolémie de 190 mg/100 ml de sang, soit presque deux fois et demie la limite maximale permise pour conduire un véhicule.

Me Nicole note également que le dossier médical du conducteur «indique qu’il souffrait notamment de trouble d’utilisation d’alcool» et qu’une bouteille d’alcool se trouvait à l’intérieur de l’habitacle de la voiture.

Vitesse excessive

Parmi les autres éléments de l’enquête, le coroner souligne que le véhicule dans lequel se trouvaient les quatre victimes «circulait à une vitesse de 134 km/h, cinq secondes avant la collision», alors que la limite dans le secteur est de 70 km/h et que les deux pneus du côté passager présentaient «une usure excessive».

Au moment de l’impact fatal avec un arbre, la voiture se déplaçait «toujours à une vitesse de 94 km/h», selon les données du module de contrôle des dispositifs de sécurité du véhicule.

La chaussée en gravier du rang Sainte-Sabine n’était pas compactée uniformément, mais elle était sèche, et aucune trace de freinage n’a été observée sur les lieux.

Me Nicole note aussi que la ceinture du conducteur n’était pas bouclée, mais que les enfants, qui prenaient place à l’arrière, «étaient tous adéquatement attachés».

La DPJ avait fait une visite le jour même

Enfin, le coroner dévoile que le conducteur avait «des problèmes familiaux» et que la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) était au dossier depuis 2024.

Un plan d’intervention visant à protéger les enfants décédés dans l’accident avait d’ailleurs été mis en place avec l’aide des intervenants de la DPJ et celui-ci avait été révisé et prolongé de six mois en juillet 2025 «à la suite de nouvelles informations».

Le matin du jour de l’accident, des intervenants «avaient effectué une visite surprise au domicile des enfants et avait constaté que les ententes, en lien avec le plan d’intervention et les ordonnances judiciaires, étaient respectées».

Or, au moment de l’accident, Guillaume Maheux-Morin «était sous l’effet de l’alcool et était seul avec les enfants», ce qui «contrevenait à des ordonnances judiciaires», indique Me Nicole.

Le coroner conclut son rapport en attribuant la collision à une combinaison de «l’état d’ébriété avancée du conducteur, d’une vitesse excessive et d’une adhérence réduite par la chaussée en gravier et les pneus usés du véhicule».