« Alertes de défaillance » : non, Hydro-Québec n’est pas à court d’électricité

La Presse Canadienne | 10 décembre 2025 | 05:00
La demande en électricité a connu des pics les 3 et 5 décembre. | Photo Hydro-Québec, via La Presse Canadienne

Par Émélie Bernier, Initiative de journalisme local, Journal Le Manic

Le début d’hiver hâtif et froid sollicite le réseau hydroélectrique québécois, mais bien que des alertes de défaillance aient été émises, il n’y a pas de risque réel de pénurie d’hydroélectricité, rassure la société d’État.

La Presse révélait plus tôt aujourd’hui mardi que deux alertes de défaillance de puissance avaient été émises à l’interne par Hydro-Québec depuis le début du mois de décembre.

La mise en œuvre d’un plan de délestage aurait été envisagée, selon les sources du média.  Le délestage survient lorsqu’on décide de couper volontairement l’électricité d’un secteur pour éviter la surcharge du réseau. 

« On a un début d’hiver hâtif où il fait plutôt froid. Effectivement, on a une consommation qui est importante et qui plus est, elle est tôt dans l’année. Par exemple, à ce moment-ci de l’année, si on regarde les moyennes historiques, normalement, on aurait autour de 30 000 mégawatts de consommation sur le réseau. Aujourd’hui, mardi (9 décembre), on était au-delà de 39 000 mégawatts », indique Cendrix Bouchard, porte-parole de la société d’État.

Le réseau fait également l’objet de travaux, ce qui a un impact sur sa capacité de production. 

« On est dans une période où on a encore des travaux de maintenance qui sont effectués sur des équipements de production, à peu près jusqu’à la mi-décembre. Ça fait en sorte que les bilans étaient peut-être un peu plus serrés qu’ils ne l’auraient été l’an dernier avec la consommation qu’on avait à ce moment-ci », indique le porte-parole.

De là à parler de risque de pénurie, il y a un pas que le porte-parole ne franchit pas. « La situation est sous contrôle », insiste-t-il.

Consommer avec modération

Le chauffage résidentiel est responsable de 50 % de la consommation électrique résidentielle au Québec. « Il y a un lien direct entre le froid et la demande », ajoute Cendrix Bouchard. 

Les termes « alerte de défaillance » ne devraient toutefois pas être perçus comme alarmistes.

« Les alertes de défaillance dont on parle, ça fait partie de nos outils de gestion et du vocabulaire des réseaux électriques. Ça sert à coordonner l’exploitation et les bilans de puissance », conclut Cendrix Bouchard.

Quoi qu’il en soit, une utilisation rationnelle de l’électricité est recommandée et divers outils sont disponibles pour accompagner les usagers du réseau, dont la tarification dynamique et le programme Hilo.