Crise au PLQ : le chef Pablo Rodriguez malmené dans un sondage

La Presse Canadienne | 3 décembre 2025 | 11:26
Le chef du Parti libéral du Québec, Pablo Rodriguez, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale du Québec, le mardi 2 décembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

La crise au Parti libéral du Québec (PLQ) fait bouger l’aiguille des sondages. Les libéraux sont en baisse, selon le dernier coup de sonde Léger/Québecor, et la chute des rouges profite à leur ennemi naturel: le Parti québécois (PQ). 

Ce coup de sonde place le PLQ à 21 %, soit six points de moins par rapport au dernier sondage Léger. Les péquistes, quant à eux, grimpent de sept points pour se hisser à 39 %. 

On voit peu de mouvements à la Coalition avenir Québec (18 %), au Parti conservateur d’Éric Duhaime (13 %) et à Québec solidaire (8 %). 

Ce sondage est aussi dévastateur pour le chef libéral Pablo Rodriguez. À la question: qui ferait le meilleur premier ministre du Québec, il enregistre une baisse de quatre points pour se retrouver avec seulement 12 %. 

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon se situe à 32 %, une augmentation de six points par rapport au dernier coup de sonde. 

Le PLQ est en crise depuis que la députée Marwah Rizqy a congédié sa directrice de cabinet, Geneviève Hinse, une proche de M. Rodriguez, sans lui en avoir parlé préalablement. 

Mardi, le chef libéral a expulsé Marwah Rizqy du caucus en raison de l’absence d’explication pour ce renvoi. 

Par rapport à ce conflit, 25 % des répondants disent avoir davantage confiance en Marwah Rizqy, contre 13 % pour Pablo Rodriguez.

Parmi les sympathisants libéraux, les chiffres passent à 43 % pour le chef libéral et à 12 % pour Mme Rizqy. 

Seulement 17 % des répondants disent avoir confiance dans le leadership de Pablo Rodriguez pour rebâtir le PLQ. Le chiffre passe à 61 % chez les sympathisants libéraux.  

«Une photo dans une tempête»

Mercredi matin, le chef libéral n’a pas fait grand cas de ce nouveau coup de sonde. 

«Un sondage, c’est comme une photo dans un moment précis. Si on prend une photo dans une tempête, vous allez voir des nuages. Si on prend la même photo un peu plus tard, lorsque la tempête est partie, il va faire beau et il va y avoir du soleil», a-t-il métaphorisé. 

En plus du conflit avec Marwah Rizqy, le PLQ est empêtré dans une crise en raison de la publication de plusieurs allégations visant la course à la chefferie de Pablo Rodriguez.

Mardi matin, le «Journal de Montréal» rapportait qu’un entrepreneur aurait versé de l’argent à la campagne de M. Rodriguez, à la demande d’un ami qui aurait recherché un prête-nom.

Un autre article du même média a révélé des textos suggérant que des membres qui appuyaient Pablo Rodriguez lors de la course auraient eu des récompenses en argent. Les personnes à l’origine de ces messages ne sont toutefois pas nommées dans le texte.

La députée libérale Sona Lakhoyan Olivier a accusé les médias d’être responsables de cette crise. 

«Mon chef, il est très bon et il a très bien réagi à cette crise que vous avez créée parce qu’on n’a aucune preuve qui a écrit ces textos. C’est pas moi, donc c’est qui? Vos informateurs anonymes, allez me les faire sortir parce que moi je suis tannée», a-t-elle lancé, visiblement furieuse. 

La députée a par la suite fait acte de contrition sur le réseau social X. «Je tiens à présenter mes excuses pour avoir laissé entendre que les médias étaient responsables de la situation actuelle au PLQ. J’ai réagi sous le coup de l’émotion. Les récentes allégations liées à des textos me concernant m’ont ébranlée, et j’ai fait un amalgame en répondant», a-t-elle écrit. 

Le député Marc Tanguay a admis que c’était des moments difficiles. 

«On est une équipe unie derrière notre chef Pablo Rodriguez. (…) Avec son leadership, on va passer à travers», a-t-il affirmé.

Le nouveau chef parlementaire libéral, André Fortin, a dit que les chiffres de ce sondage n’étaient pas une «surprise». 

«On l’a dit qu’au cours des dernières semaines que la situation faisait mal au parti», a-t-il soutenu. 

L’ancienne députée libérale Fatima Houda-Pepin a même demandé le départ du chef libéral. 

«Pablo Rodriguez a précipité le PLQ dans les bas-fonds. Une gestion de crise erratique: déni, banalisation et improvisation. Rien pour rehausser l’image du parti. Je fais appel à son honneur pour qu’il démissionne afin de reconstruire le parti à la veille d’une élection décisive», a-t-elle écrit sur le réseau social X.