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L’ex-cheffe parlementaire Marwah Rizqy a été expulsée du caucus libéral
Marwah Rizqy, à l'époque cheffe parlementaire du Parti libéral du Québec, interroge le gouvernement à l'Assemblée nationale du Québec, le mercredi 1er octobre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Le couperet est finalement tombé: le chef libéral Pablo Rodriguez expulse Marwah Rizqy du caucus deux semaines après qu’elle eut congédié sa directrice de cabinet, Geneviève Hinse. Cette dernière pourrait d’ailleurs être réintégrée dans son ancien poste.
«Elle a choisi de tourner le dos à notre équipe. Ça suffit! Ça suffit!» a tranché le chef libéral mardi après-midi en conférence de presse, entouré de plusieurs députés du caucus.
«Ces deux dernières semaines, elle a fait beaucoup de tort au Parti libéral du Québec», a-t-il ajouté
M. Rodriguez a affirmé que Marwah Rizqy lui avait «manqué de loyauté» en ne lui expliquant pas les raisons du congédiement de Geneviève Hinse.
Quelques minutes après son expulsion, Mme Rizqy a dit prendre acte de la décision du chef libéral.
«Depuis le jour un de mon élection à titre de députée de Saint-Laurent, je représente mes concitoyennes et mes concitoyens avec dévouement et rigueur. Je tiens à leur réitérer et à leur assurer que je les représenterai avec la même hauteur, et ce, à titre de députée indépendante», a-t-elle écrit sur Facebook.
Pablo Rodriguez a dit que le conjoint de Marwah Rizqy, le député Gregory Kelley, restait au sein du caucus. «C’est une position qui est difficile pour lui», a concédé le chef libéral.
Le retour de Geneviève Hinse?
M. Rodriguez a aussi indiqué avoir entamé des discussions pour que Geneviève Hinse réintègre son poste de directrice de cabinet.
«J’ai rien devant moi qui me dit qu’elle a fait quelque chose de mal. Comment on peut renvoyer quelqu’un comme ça?» a lancé le chef libéral.
Les raisons du congédiement de Mme Hinse demeurent nébuleuses encore aujourd’hui. Dans une lettre de l’avocate de Marwah Rizqy, on affirme que Geneviève Hinse a été renvoyée «en raison d’importants manquements en matière d’éthique» et pour des «actes répétés d’insubordination».
La semaine dernière, la députée de Saint-Laurent a écrit sur Facebook qu’elle ne pouvait pas commenter publiquement, car il s’agissait d’un dossier de ressources humaines, mais affirmait être «plus que consciente» que cette situation a placé sa «famille politique dans une situation délicate».
Mme Hinse affirme pour sa part que Mme Rizqy l’a congédiée sans raison valable et la poursuit pour 500 000 $.
«On veut aller au fond des choses»
Depuis le renvoi de Geneviève Hinse, le PLQ est empêtré dans une crise qui est accentuée par la publication de plusieurs allégations visant la course à la chefferie de Pablo Rodriguez.
Mardi matin, le «Journal de Montréal» rapportait qu’un entrepreneur aurait versé de l’argent à la campagne de M. Rodriguez, à la demande d’un ami qui aurait recherché un prête-nom.
À cela s’ajoute un autre article du même média révélant des textos suggérant que des membres qui appuyaient Pablo Rodriguez lors de la course auraient eu des récompenses en argent. Les personnes à l’origine de ces messages ne sont toutefois pas nommées dans le texte.
Le PLQ a d’ailleurs envoyé une mise en demeure au «Journal de Montréal» en raison de cet article. Le chef libéral a dit vouloir connaître le nom des personnes impliquées et les numéros de téléphone associés aux textos. Il veut également que le média explique comment il a vérifié «l’authenticité et la véracité» de ces messages.
En conférence de presse mardi, M. Rodriguez a réitéré qu’une enquête menée par l’ancien juge Jacques R. Fournier allait faire la lumière sur toute cette histoire. Son rapport doit être remis le 31 janvier prochain.
«On veut aller au fond des choses. Si des gestes répréhensibles sont confirmés au terme de cette enquête-là, il y aura des conséquences», a-t-il assuré.
Pablo Rodriguez a affirmé qu’il ne voyait «aucun lien» entre le congédiement de Geneviève Hinse par Marwah Rizqy et ces histoires de mystérieux textos.
La semaine dernière, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a indiqué «être en validation d’informations (…) concernant des allégations d’actes répréhensibles visant le Parti libéral du Québec».
«Je suis en maudit!»
L’exaspération monte dans les rangs libéraux. Le député Enrico Ciccone était furieux mardi.
«Je suis en colère! Je suis en maudit! Je suis en crucifix pour être poli, a-t-il tonné. Il semble y avoir quelque chose de criminel qui a été fait aujourd’hui. Arrêtez-les s’il vous plaît. Mettez-les en prison. Envoyez ça le plus loin possible de notre gang parce qu’on est écoeurés.»
Le député Monsef Derraji a dit être «tanné».
«L’ensemble des collègues au caucus veulent que la lumière soit faite. Et s’il y a des gens qui ont fait quelque chose de pas correct, qu’on les nomme et qu’on les mette dehors», a-t-il soutenu.
«Je suis très en colère! On est tous en colère! Et on veut une fin à tout ça», a lancé la députée Sona Lakhoyan Olivier.