Marc Miller fait un retour au cabinet comme ministre de la Culture et de l’Identité

La Presse Canadienne | 1 décembre 2025 | 18:00
Marc Miller a été assermenté comme ministre de la Culture et de l'Identité canadienne, ainsi que ministre responsable des Langues officielles, à Ottawa le lundi 1er décembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang

Le député québécois Marc Miller a été assermenté lundi comme ministre de la Culture et de l’Identité canadienne et effectue donc un retour au cabinet. Il est aussi devenu responsable des Langues officielles.

Le premier ministre Mark Carney a dû nommer M. Miller en remplacement de Steven Guilbeault, qui a démissionné du cabinet en protestation contre l’accord conclu entre Ottawa et l’Alberta concernant un projet de pipeline.

Le ministre de l’Approvisionnement, Joël Lightbound, succède aussi à M. Guilbeault en tant que lieutenant du Québec.

«Faut s’assurer qu’on donne tous les outils aux gouvernements provinciaux, dont le Québec, pour promouvoir le français», a dit M. Miller aux journalistes qui faisaient le pied de grue à l’extérieur de Rideau Hall, où il venait de prêter serment.

Il a souligné l’impact qu’a eu la loi 101 au Québec, de même que l’immigration francophone. À ce sujet, celui qui a été, par le passé, ministre de l’Immigration, a noté que l’entente Canada-Québec confère des pouvoirs en immigration à la province. Il a promis de s’assurer, en tant que ministre fédéral, que l’immigration francophone en dehors du Québec arrive en proportion suffisante.

«De façon personnelle, j’ai élevé trois enfants dans trois langues: leur langue maternelle, le suédois, c’est-à-dire la langue de leur mère, mais aussi en anglais puis en français», a-t-il par ailleurs confié.

M. Miller, de même que M. Lightbound, ont salué le travail effectué par M. Guilbeault.

«J’ai un énorme respect pour Steven Guilbeault, ce sont de grandes chaussures à chausser, a dit M. Lightbound. Je sais que je pourrai toujours compter sur ses conseils et son aide.»

Le ministre s’est dit «honoré de la confiance du premier ministre» pour exercer ce rôle «crucial pour faire valoir les intérêts du Québec à Ottawa et, aussi, des fois, bien expliquer les politiques du gouvernement au Québec».

La ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Julie Dabrusin, a pour sa part vu son titre être modifié pour que le mot «nature» y soit ajouté.

Marc Miller, député de Ville-Marie—Le Sud-Ouest—Île-des-Soeurs, a aussi, par le passé, été ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Services aux Autochtones.

M. Miller a, à l’automne 2023, refusé de reconnaître le déclin du français au Québec – préférant parler de langue «menacée» -, avant de se raviser.

«Je ne nie pas du tout quand on parle du déclin du français comme langue maternelle», avait-il dit au cours d’une entrevue accordée à La Presse Canadienne.

Il avait noté son agacement quant à l’utilisation «à outrance», par le Bloc québécois, de cet indicateur statistique qu’est la langue maternelle. Selon lui, cela laisse entendre que ceux qui ont appris le français plus tard dans leur vie seraient moins Québécois que les autres.

M. Miller faisait aussi partie de certains élus libéraux qui avaient des réticences quant à la réforme de la Loi sur les langues officielles, adoptée en juin 2023.

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada a salué la nomination de M. Miller et indiqué vouloir le rencontrer rapidement, notamment pour «clarifier sa vision en matière de langues officielles et son calendrier pour passer à l’action sur le dépôt des règlements pour la mise en œuvre de la nouvelle Loi sur les langues officielles».

«Au cours de son passage à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, le ministre Miller a débuté le virage en ce qui a trait à l’augmentation des cibles en matière d’immigration francophone et en prenant des mesures pour que ces cibles soient atteintes en 2023 et 2024. C’est un ministre avec une approche très pragmatique et on compte sur lui pour appliquer cette approche pour livrer du concret en matière de langues officielles», a déclaré, dans un communiqué, la présidente de la FCFA, Liane Roy.

– Avec des informations de Michel Saba